Wednesday, September 8, 2010

Cinéfinlande

L’actualité cinématographique en Finlande

‘2003’

Michael Winterbottom, 2006

Avec Steve Coogan, Rob Brydon, Keeley Hawes

Le site

 

Adaptation brillante d’une oeuvre inadaptable, TRISTRAM SHANDY: A COCK AND BULL STORY est une nouvelle réussite de Michael Winterbottom.

« Tristram Shandy », roman de Laurence Sterne réputé pour ses incessantes digressions et ses prises à partie du lecteur devient donc sous la caméra de Monsieur Winterbottom une mise en abyme irrésistiblement comique.

Le film ressemble à une sorte de suite à 24 HOURS PARTY PEOPLE. On y retrouve le même acteur principal, Steve Coogan qui continue à s’adresser directement à la caméra. Mais ici l’idée du film dans le film est poussé beaucoup plus loin et Monsieur Coogan n’interprète pas moins de trois personnages : Tristram Shandy, Monsieur Shandy père ainsi qu’une caricature ( ?) de lui-même !

TRISTRAM SHANDY: A COCK AND BULL STORY ne constitue pas seulement une comédie irrésistible mais aussi un exemple d’adaptation inventive et véritablement cinématographique.

Edmond de Saint-Pierre
esp@ranska.net

VAARALLISIA SUHTEITA / UNTOLD SCANDAL (sortie le 25.11.05)

Posted by ESP On février - 15 - 2007

E J-Yong, 2003

Avec Bae Young-jun, Lee Mi-suk, Jeong Do-yeon, Jo Hyen-jae

le site officiel

 

Nouvelle adaptation de l’indémodable roman épistolaire de Choderlos de Laclos où un homme et une femme se retrouvent victimes de leur machiavélisme sentimental. Cette production magnifique aux décors et aux costumes particulièrement remarquables se situe… dans la Corée du XVIII ème siècle !

De plus, UNTOLD SCANDAL est dotée d’une étonnante mais ravissante musique (il s’agit de manière assez appropriée pour l’histoire mais plutôt surprenante pour la région de musique de chambre). Cadres très travaillé, couleurs magnifiques, acteurs pleins de retenue asiatique, UNTOLD SCANDAL a aussi le défaut de ses qualités : tant de perfection et de mesure aboutissent par moments à une sensation de figement, une sorte de déficit de vie.

Ceci dit, se concluant sur une très belle fin, le film, fidèle à ses images, quitte le spectateur avec beaucoup d’élégance.

Edmond de Saint-Pierre
esp@ranska.net

SIN CITY (sortie le 22.7.05)

Posted by ESP On février - 15 - 2007

Robert Rodriguez / Frank Miller (& Quentin Tarantino), 2005

Avec Jessica Alba, Benicio Del Toro, Brittany Murphy, Clive Owen, Mickey Rourke, Bruce Willis, Elijah Wood

le site officiel est ici

 

Dans une ville fictive où l’innocence et les flics intègres sont plus rares que les Suédophones à Jyväskylä, se frôlent trois récits pleins de femmes fatales, de testostérone, de violence et de mort. Plus transposées qu’adaptées, trois bédés originales de Frank Miller se retrouvent sur l’écran quasiment comme elles étaient sur le papier.

Le respect pour l’extrême stylisation de l’auteur américain est saisissant. Le film, en noir et blanc parsemé de quelques taches de couleur, reprend scrupuleusement la composition des vignettes de Frank Miller. Jusqu’aux acteurs qui ressemblent trait pour trait à leurs modèles dessinés. Pour cet inédit parti-pris de fidélité forcenée, SIN CITY constitue une oeuvre éminemment intéressante, même si évidemment elle fonctionne beaucoup mieux dans sa forme originale, c’est-à-dire sur papier, que sur toile.

Edmond de Saint-Pierre
esp@ranska.net

Audrey Wells, 2003

Avec Diane Lane, Sandra Oh, Lindsay Duncan, Raoul Bova

Le site officiel est
ici

 

Trompée par son mari, une Américaine décide sur un coup de tête de refaire sa vie en Toscane. Adaptation du best-seller autobiographique de Frances Mayes, UNDER THE TUSCAN SUN se regarde comme un album de photos : c’est une succession de clichés.

La cible a un sexe et ce n’est pas le mien. C’est l’autre, le beau. Personne n’a donc pensé à moi en commettant ce film derrière lequel se trouvent trois femmes (la réalisatrice, l’auteur du roman et l’actrice principale), et bien qu’elles le regrettent !

Comme tout film reposant sur une solide base de clichés, UNDER THE TUSCAN SUN oscille entre lourdeur et insignifiance. L’Américaine qui va découvrir les petits plaisirs simples d’une vie pittoresque achète une vieille maison qu’elle passera tout le film à restaurer. L’habitation offrant au personnage principal un miroir dans lequel elle aperçoit progressivement sa renaissance constituerait une idée simple et belle s’il n’y avait pas le robinet tari… Celui-là même dont on suit tout au long du film l’évolution. Celui-là même qui ne se mettra qu’à cracher généreusement à la fin. Celui-là même qui éloignera le film du monde de la métaphore pour le noyer dans celui du sous-titrage pour attardés mentaux.

Et enfin, cerise sur le gâteau, Diane Lane est insupportable, elle joue Alice au Pays des Merveilles et se livre à un exercice très curieux : elle surjoue la subtilité.

Aussi satisfaisant qu’un dépliant touristique, le film n’a qu’un atout : les paysages.

Edmond de Saint-Pierre
esp@ranska.net

PERJANTAI ON PAHIN / FREAKY FRIDAY (sortie le 19.12.03)

Posted by ESP On février - 14 - 2007

Mark Waters, 2003

Avec Jamie Lee Curtis, Lindsay Lohan, Harold Gould, Chad Michael Murray, Christina Vidal

Le site officiel est
ici

 

Un beau matin une psychologue surmenée se réveille prisonnière du corps de sa fille alors que l’adolescente, guitariste dans un groupe de rock, occupe celui de sa mère.
Comédie très prévisible, comprenant son lot de personnages laborieux, FREAKY FRIDAY réussit cependant à arracher quelques sourires.

C’est la troisième fois que les studios Disney adaptent le roman de Mary Rodger. Pour que le film puisse espérer toucher son public (les jeunes adolescents), la mère et la fille se doivent effectivement d’être régulièrement remises au goût du jour. Le brillant postulat de départ illustre de manière radicale l’idée populaire que pour comprendre quelqu’un il est nécessaire de se mettre à sa place.

Ce savoureux point de départ donnera naissance à une portée de gags qui, sous nos yeux fatigués, défileront dans leurs costumes les plus ordinaires. Les deux actrices principales qui s’en sortent plutôt bien constituent le véritable point fort de ce film assez médiocre. Elles parviennent presque à faire oublier que certains personnages, notamment le petit frère et le grand-père, sont aussi mal joués que stupidement écrits.

Quoique ne contenant pas l’once d’une surprise, cette comédie familiale pétrie de nobles sentiments et de gentils personnages respire la bonne humeur. L’esprit de Noël, quoi !

Edmond de Saint-Pierre
esp@ranska.net

ONCE UPON A TIME IN MEXICO (sortie le 5.12.03)

Posted by ESP On février - 14 - 2007

Robert Rodriguez, 2003

Avec Antonio Banderas, Salma Hayek, Johnny Depp, Mickey Rourke

Le site officiel est
ici

 

Un agent de la CIA qui entend remodeler le paysage politique de Mexico fait appel à l’appétit de vengeance du légendaire El Mariachi. Violence spectacle, incohérence abyssale, le sang coule à flots et le sens coule à pic.

Monsieur Banderas revêt donc pour la troisième fois (après EL MARIACHI (1992) et son remake DESESPERADO (1995)) la défroque du taciturne pistolero guitariste. Le succès ayant profité au bel hidalgo, il s’y trouve aujourd’hui un peu à l’étroit. Mais, même boudiné, il continue sans vergogne à nous infliger ses poses machistes.

Flanqué de deux « assistants » qui se révèlent aussi mauvais acteurs (Enrique Iglesias est l’un des deux) qu’absolument inutiles à l’intrigue, El Mariachi tirera sur tout ce qui bouge dans une succession de fusillades aussi sanglantes que confuses.

Si le titre du film renvoie à Sergio Leone, C’est plutôt à Sergio Corbucci qu’on pense en voyant Johnny Depp finir le film un peu à la manière de Jean-Louis Trintignant dans IL GRANDE SILENZIO (1967). L’acteur américain incarne un personnage comique et cynique. A la fin, il semble représenter assez concrètement l’aveuglement des interventions américaines. Mais il est difficile de savoir ce que Robert Rodriguez veut dire ou s’il veut dire quelque chose. Le film finissant par exemple sur une note patriotique qui semble absolument hors de propos.

Johnny Depp amuse et s’amuse. Il constitue la seule raison d’aller voir ce film éminemment inconsistant.

Edmond de Saint-Pierre
esp@ranska.net

PURE – KOUKUSSA (sortie le 5.12.03)

Posted by ESP On février - 14 - 2007

Gillies MacKinnon, 2002

Avec Harry Eden, Molly Parker, Keira Knightley, David Wenham

Histoire d’amour émouvante entre une mère et son fils sur fond de dépendance à l’héroïne. Quoique trébuchant dans sa deuxième partie sur quelques clichés pourtant énormes PURE constitue un film positivement choquant et bouleversant.

C’est dans la misère du East End londonien qu’un petit garçon d’une dizaine d’années mobilise toute son énergie pour venir en aide à sa droguée de mère. Malgré ce point de départ misérabiliste en diable, le film s’éloigne de l’esthétique habituelle de ce genre de drame social qui d’ordinaire, pour coller à la désespérance de son sujet, ne s’habille que de couleurs fades et de lumières blafardes.

Ici rien de tout ça. Esthétiquement le film n’est jamais sinistre car avant d’être une histoire de droguée, PURE est d’abord une brillante histoire d’amour entre un fils et sa mère.

L’interprétation admirable ne fait que davantage regretter que les grands-parents de notre jeune héros soient de telles caricatures, que PURE se transforme sur la fin en un pseudo-thriller et qu’il propose une résolution trop conventionnelle.

Ceci étant et parce qu’on ne peut s’empêcher de voir ces événements tragiques autrement que par le filtre de cette jeune paire d’yeux qui, peu à peu, perd son innocence, PURE conserve un impact émotionnel énorme que ces quelques réserves ne sauraient compromettre.

Edmond de Saint-Pierre
esp@ranska.net

NEMOA ETSIMÄSSÄ / FINDING NEMO (sortie le 28.11.03)

Posted by ESP On février - 14 - 2007

Andrew Stanton, 2003


Le site officiel est
ici

 

Nemo, jeune poisson clown, se fait capturer par un plongeur. Désespéré, son père s’engage dans une longue odyssée pour le retrouver. Féerie sous-marine, comédie délirante, divertissement familial, FINDING NEMO satisfera superlativement petits et grands.

Issu des studios Pixar auxquels on doit déjà entre autres l’excellent TOY STORY 2, du même Andrew Shanton, c’est presque sans surprise que FINDING NEMO se révèle être un petit chef d’œuvre.

Champion de l’animation numérique, Pixar présente ici une véritable merveille. Le film ne se contente pas d’être plastiquement admirable (la grande barrière de corail est hallucinante), il se montre aussi intelligent, désopilant, chaleureux et même un peu dramatique.

Scénario sans failles, personnages pittoresques et attachants, humour loufoque, attention obsessionnelle aux moindres détails, FINDING NEMO constitue un enchantement pour les yeux comme pour l’esprit.

Edmond de Saint-Pierre
esp@ranska.net

MASTER AND COMMANDER: MAAILMAN LAIDALLA (sortie le 26.11.03)

Posted by ESP On février - 14 - 2007

Peter Weir, 2003

Avec Russel Crowe, Paul Bettany, Billy Boyd, James d’Arcy, Lee Ingleby, George Innes

Le site officiel est
ici

 

En 1805, alors que l’Europe est sous la botte de Napoléon, un navire anglais joue au chat et à la souris avec un vaisseau français ultramoderne. Film à l’intrigue un peu mince, MASTER AND COMMANDER réussit cependant à intéresser grâce à sa saisissante reconstitution d’une époque et d’un lieu où la politesse constituait une garantie d’autorité.

La poursuite (entrecoupée d’une escapade aux Galapagos) à laquelle se livrent les deux bateaux, devient vite un peu soporifique. Ce qui intéresse ici, c’est l’équipage et ses personnages. Le film réussit brillamment à faire revivre une époque où la politesse et la distinction ne se réduisaient pas à une guirlande famélique mais étaient non seulement une manière de vivre, mais aussi un gage de respect. Ainsi à la brutalité du quotidien s’opposent les intermèdes musicaux auxquels s’adonnent le capitaine et le docteur. Et dans chacune des situations hautement dramatiques qui ne manqueront pas de ponctuer leur voyage, ces messieurs persisteront à s’envoyer du « Mister … could you please… ». Cet aspect du film, particulièrement rafraîchissant, laisse rêveur.

Ceci étant peut-être la conséquence de cela, on peut sans doute regretter que l’équipage soit si soumis et si lisse. Comme microcosme de la société, le navire fonctionne moyennement. On aurait aimé qu’il y ait un peu plus de défiance, un peu plus de révolte. Cet équipage idéal avec ses distingués cadets et son noble prolétariat ne manque pas de diversités mais manque singulièrement de reliefs.

Comme souvent, Peter Weir évite bon nombre de clichés et se détourne de toute lourdeur. Ce grâce à quoi par exemple THE DEAD POETS SOCIETY (1989) près de quinze ans après sa sortie n’a toujours pas pris une ride. On souhaite la même longévité à MASTER AND COMMANDER, même si paradoxalement on sent que ce n’est pas Russel Crowe qui pourra détrôner Robin Williams dans le rôle de « O captain, my captain »…

Edmond de Saint-Pierre
esp@ranska.net

VARJOJEN VALTAKUNTA / UNDERWORLD (sortie le 21.11.03)

Posted by ESP On février - 14 - 2007

Len Wiseman 2003

Avec Kate Beckinsale, Scott Speedman, Bill Nighy, Michael Sheen, Danny McBride, Shane Brolly, Erwin Leder

Le site officiel est
ici

 

Alors qu’une querelle ancestrale oppose leurs « familles » une Juliette vampire tombera amoureuse d’un Roméo loup-garou. Doté d’une belle affiche (comprendre : poster, parce que, pour la distribution, voir plus bas…), UNDERWORLD se résume malheureusement à celle-ci. Ce n’est pas un film, c’est une image.

Le réalisateur a un solide passé d’art designer et le moins qu’on puisse dire est que ceci ne passe inaperçu. Baignant d’un bout à l’autre dans une tonalité à la fois blafarde et gris bleuté, UNDERWORLD est peuplé de vampires vêtus de noir et armés jusqu’aux dents.

Le film de Len Wiseman se présentait pourtant comme un projet plutôt engageant : une sorte de BLADE (1998) ultra-gothique débarrassé de cet épuisant (et sans doute épuisé) humour second degré.

Mais, contre toute attente, UNDERWORLD se transforme rapidement en film de zombies tant les acteurs peinent à insuffler la moindre once de vie à leurs personnages. Seul Bill Nighy parvient à survivre au naufrage collectif de cette interprétation et/ou distribution désolantes.

Tout comme les acteurs leurs personnages, le film se montre incapable de faire vivre son scénario et reste prisonnier d’une image gothique épouvantablement bidimensionnelle.

Edmond de Saint-Pierre
esp@ranska.net

RAKKAUTTA VAIN / LOVE ACTUALLY (sortie le 21.11.03)

Posted by ESP On février - 14 - 2007

Richard Curtis, 2003

Avec Hugh Grant, Liam Neeson, Colin Firth, Laura Linney, Emma Thompson, Alan Rickman, Keira Knightley, Martine McCutcheon, Bill Nighy, Rowan Atkinson

Le site officiel est
ici

 

A Londres, durant les quelques semaines qui précèdent Noël, le spectacle des péripéties amoureuses d’une dizaine de personnages qui vont du Premier Ministre britannique à une actrice de film porno. Comme le suggère son affiche, LOVE ACTUALLY ressemble effectivement à une boîte de chocolats. Non seulement ce n’est pas un vrai repas mais en plus l’indigestion menace.

Dans toute boîte de chocolats, il y en a un ou deux que tout le monde s’arrache et une multitude d’autres qu’on mange poliment, sans se plaindre si on ne veut pas gâcher la fête. Et c’est précisément ce qu’on découvre sous l’affiche de LOVE ACTUALLY. Le film fait défiler trop de personnages et n’a plus assez de temps à consacrer aux meilleurs d’entre eux. Qui trop embrasse, mal étreint.

Scénariste de films aussi réussis que FOUR WEDDINGS AND A FUNERAL (1994), NOTTING HILL (1999) ou BRIDGET JONES (2001), Richard Curtis signe ici sa première réalisation. Pour l’occasion, il a réuni une galerie d’acteurs à faire pâlir l’Olympe. Mais inévitablement avec tant de stars qui jouent en parallèle, LOVE ACTUALLY se met très rapidement à ressembler à une compilation de bandes annonces.

Bref, déception, déception. Ca sent le film de saison, la commande, le tiroir-caisse et un peu la complaisance aussi. Par moments, on se demande si Richard Curtis s’auto cite, s’adresse des clins d’œil ou simplement se répète.

Dans les rôles des chocolats qu’on devrait s’arracher : Bill Nighy, celui-là même qui a survécu à la catastrophe maritime d’UNDERWORLD, resplendissant dans son personnage de chanteur has been sur le retour et Laura Linney, tout simplement poignante en chocolat amer. Quoique bien isolés dans cette boîte trop grande, ces deux-là sont un vrai régal.

Edmond de Saint-Pierre
esp@ranska.net

PAHUUS / ONDSKAN (sortie le 14.11.03)

Posted by ESP On février - 14 - 2007

Mikael Håfström, 2003

Avec Andreas Wilson, Gustaf Skarsgård, Linda Zilliacus, Jesper Salén, Marie Richardsson, Henrik Lundström

Le site officiel est
ici

 

Adapté du roman plus ou moins autobiographique de Jan Guillou, ONDSKAN se déroule dans un internat de la Suède des années 50 où, avec la bénédiction des autorités locales, les plus vieux élèves brutalisaient les plus jeunes. Malgré un début trop rapidement expédié et une résolution un peu facile, ONDSKAN bénéficie d’une photographie léchée et pose de très intéressantes questions.

Le film dénonce un système social fondé sur la loi du plus fort. La violence comme moyen d’inculcation de l’ordre social, la violence comme moyen d’annihilation de toute forme de révolte. Peut-on y résister ou n’a-t-on d’autre choix que de se soumettre et de devenir ainsi, pour avoir cautionné le système, complice de son propre tortionnaire ?

La Finlande tient dans le film un rôle important. Le personnel de cuisine de l’internat est composé de Finlandaises. Et c’est auprès de l’une d’entre elle que le héros trouvera un peu de réconfort.

Jan guillou aurait pleuré en voyant en le film. N’est-ce pas là un gage de réussite ?

Edmond de Saint-Pierre
esp@ranska.net

IHMISEN TAHRA / THE HUMAN STAIN (sortie le 14.11.03)

Posted by ESP On février - 14 - 2007

Robert Benton, 2003

Avec Anthony Hopkins, Nicole Kidman, Gary Sinise, Ed Harris

http://www.miramax.com/the_human_stain/

 

Deux êtres tourmentés par leur passé, un vieil ex-professeur d’université et une jeune femme de ménage, vont vivre une liaison passionnée. Adapté du best seller de Philip Roth, THE HUMAN STAIN sent l’adaptation luxueuse à plein nez: affiche alléchante, production soignée, manque de rythme, personnages inutiles, distribution discutable.

Alors qu’Anthony Hopkins et Nicole Kidman livrent tous deux d’excellentes prestations, on peut cependant légitimement penser que ni l’un ni l’autre ne constituaient un choix incontestable pour leurs personnages. Pour des raisons claires que le film se chargera de vous dévoiler, Anthony Hopkins a, malgré tout son talent, du mal à convaincre. Quant à Nicole Kidman, elle aurait sans doute été avantageusement remplacée par une actrice au physique plus banal.

Même si ces erreurs de distributions sont en partie compensées par le plaisir de voir les deux acteurs se donner la réplique, elles ne favorisent pas la crédibilité des personnages. Ajoutons à cela Gary Sinise. Il ne se contente pas d’être la voix-off du film mais il est aussi une aberration : un personnage sans aucune fonction dramatique claire, un élément parfaitement inutile. Bref, peu à peu on se désintéresse de ce film qui malgré quatre intrigues différentes qui se succèdent ne parvient jamais à prendre de relief.

Toute une portion du film constituée de Flash-back, au cours desquels le vieux professeur se remémore sa jeunesse, se chargera de révéler au spectateur somnolant le terrible secret du vieil homme. Sans même parler du problème de rythme, le défaut principal de cette partie du film est d’avoir choisi un acteur qui ne rappelle en rien, mais absolument en rien, Anthony Hopkins. Et c’est regrettable car, pour la raison que le film se chargera de vous dévoiler, l’apparence physique du professeur joue un rôle essentiel.

Avec sa distribution stellaire, son réalisateur oscarisé (KRAMER VS KRAMER, 1979), son directeur de la photo français, feu Jean-Yves Escoffier, THE HUMAN STAIN est certes un film soigné mais aussi un film raté.

Edmond de Saint-Pierre
esp@ranska.net

Adam Shankman, 2003

Avec Steve Martin, Queen Latifah, Eugene Levy, Joan Plowright

Le site officiel est
ici

 

L’âme sœur virtuellement blanche que pense avoir rencontrée sur Internet un brillant avocat de Los Angeles, se révèle être, contre toute attente, une ex-détenue noire. Celle-ci chamboulera la vie bien ordonnée du juriste aux idées étroites. Comédie indigente, BRINGING DOWN THE HOUSE ressemble à s’y méprendre à un film raciste.

Si le film fait très peu rire, c’est d’abord parce qu’il embarrasse. Quoique sans doute plein de bonnes intentions, BRINGING DOWN THE HOUSE ne parvient cependant qu’à renforcer les clichés raciaux les plus paresseux. Le résultat est si clairement contraire à l’objectif apparent qu’on ne peut qu’être gêné du spectacle de ces deux tristes caricatures : un petit bonhomme blanc hyper stressé et une grosse bonne femme noire hyper « cool ».

Comble de la complaisance, l’interprétation de Queen Latifah laisse penser que le réalisateur s’est totalement désintéressé de la direction d’acteur. Rarement amusant, souvent ridicule voire parfois offensant, Steve Martin est lui aussi en roue libre. Egal à lui-même.

Minuscules îles perdues dans un océan inhospitalier, les quelques scènes où un Eugene Levy halluciné dévore des yeux et des mots la pulpeuse noire constituent les seuls moments de réconfort d’un spectateur sinon bien malmené.

Edmond de Saint-Pierre
esp@ranska.net

NOI ALBINOI (sortie le 7.11.03)

Posted by ESP On février - 14 - 2007

Dagur Kári, 2003

Avec, Tómas Lemarquis, Throstur Leo Gunnarsson, Elin Hansdóttir, Anna Fridriksdóttir, Gérard Lemarquis

Le site officiel est
ici

 

Un grand adolescent d’Islande se morfond dans un village minuscule qu’il rêve de quitter. Frais, drôle et subtile, NOI ALBINOI surprend, amuse et émeut.

Dès les premières images, entre l’oppressante montagne blanche qui domine le village et le mur de neige qui empêche Noi de sortir de chez lui, le sentiment de captivité est palpable. S’ajoutent à ça plusieurs moments de comique désespéré comme le père alcoolique de Noi dont la chanson préférée est IN THE GHETTO d’Elvis Presley.

Même si son physique l’en rapproche, Noi n’est pas un véritable albinos. C’est un grand garçon osseux et chauve dont l’air dur entre en contraste avec une espèce de désespoir bon enfant. Ce qu’illustre parfaitement la musique, signée par le réalisateur lui-même, qui évoque une sorte de paradoxale rébellion contemplative. Semblant se dérouler dans des années 70 qui auraient oublié de passer et pétri d’un humour décalé qui frise la poésie, NOI ALBINOI fait souvent du pied à l’univers d’Aki Kaurismäki.

Malgré la glace qui emprisonne, la montagne qui écrase, et la mer qui entoure, Noi cherchera par tous les moyens à s’affranchir de cet univers dans lequel il étouffe. Mais quand chacun de ses actes, même les plus extrêmes, aura sombré dans le dérisoire, la liberté viendra s’offrir à lui
de manière aussi tragique qu’inattendue.

Edmond de Saint-Pierre
esp@ranska.net

THE MATRIX REVOLUTIONS (sortie le 5.11.03)

Posted by ESP On février - 14 - 2007

Larry ja Andy Wachowski, 2003

Avec Keanu Reeves, Laurence Fishburne, Carrie-Anne Moss sekä Hugo Weaving

Le site officiel est
ici

 

Alors que Zion, dernier refuge d’une humanité en perdition est sur le point d’être détruite par les machines, Neo, son élégant manteau, ses lunettes de soleil et sa quête constituent l’ultime espoir d’une espèce en voie de disparition. Malgré un début laborieux, THE MATRIX REVOLUTIONS, conclusion de la trilogie, offre dans sa deuxième partie deux morceaux de choix : la titanesque attaque de Zion par les machines et dans une moindre mesure le combat singulier de l’Antivirus (Neo) contre son virus (l’agent Smith).

Par rapport au précédent, la supériorité de ce dernier volet est double. D’abord, il se déroule principalement dans la réalité, le monde des machines, et non dans le Matrix. Ceci permet aux personnages de laisser aux vestiaires manteaux, lunettes et froideur grotesque. Ensuite, même si c’est d’une manière parfois obscure, l’histoire progresse réellement.

Passé la première heure, le film abandonne heureusement à leur triste sort les risibles Neo, Trinity, Morpheus et Mifune (sic) personnages qui en deux ou trois films ont réussi l’exploit de devenir leurs propres caricatures et propose une longue et admirable bataille : Zion contre les machines. Pour défendre leur dernier repaire, les hommes investissent leurs machines de guerre, sortes de titans mécaniques qu’ils contrôlent un peu à la manière dont Actarus pilotait Goldorak. Ces incroyables robots à la maladresse touchante sont opposés aux tentaculaires et innombrables « sentinels », immondes pieuvres électroniques. L’épique bataille sera suivie d’un impressionnant duel final qui opposera Neo à son alter ego l’agent Smith. Sous une pluie battante, les deux combattants joueront à SUPERMAN sur terre, dans les airs et même sous l’eau.

Comme rien n’a été prévu pour raccrocher les wagons, si vous n’avez pas vu l’épisode précédent, vous serez certes un peu perdu mais au fond qu’importe ; il est sans doute prudent de ne pas fouiller trop profondément dans le Matrix. Si le film original était brillant c’est qu’il reposait sur une idée aussi séduisante que nébuleuse. En essayant d’expliquer le mystère on anéantit toujours (et ce, même si l’explication est convaincante…) une bonne part de la séduction. Mais, apparemment, deux films supplémentaires n’ont pas servi de leçon aux frères Wachowsky. Même si le motto de THE MATRIX REVOLUTIONS est « Everything that has a beginning has an end » la fin du film laisse entrevoir la possibilité d’une suite…

Edmond de Saint-Pierre
esp@ranska.net

BLONDIN KOSTO 2 / LEGALLY BLONDE 2 (sortie le 31.10.03)

Posted by ESP On février - 14 - 2007

Charles Herman-Wurmfeld, 2003

Avec Reese Witherspoon, Bob Newhart, Jennifer Coolidge, Regina King, Alana Ubach, Jessica Caulfield

Le site officiel est
ici

 

Une jeune avocate entre en politique pour libérer le chien de sa mère, prisonnier d’un laboratoire de produits cosmétiques. Comédie ridicule, LEGALLY BLONDE 2 aurait dû, par souci d’honnêteté, s’appeler ROSE CONCON.

Nageant dans le rose et la guimauve, à première vue notre blonde héroïne ne semble guère se distinguer de ses congénères en pilosité, protagonistes d’innombrables blagues cruelles. Mais ce serait aller trop vite car l’idée centrale du film peut être ainsi résumée : ce n’est pas parce qu’on est abruti qu’on n’est pas intelligent. Alors bien sûr, comme développer un tel postulat n’est pas simple et que le film, lui, l’est à l’excès, on fonce, sans détour, droit dans un mur d’idioties.

Capitol Barbie, comme la surnomme ses collègues, attendrira les politiciens endurcis de Washington, déjouera les manigances machiavéliques et obtiendra gain de cause. Aussi absurde que paraisse ce scénario, on pourrait avoir la consolation de se dire qu’il s’agit d’un conte de fées. Malheureusement ce genre nécessite au moins une infime dose de merveilleux et ici c’est la vulgarité, élevée au rang de délicieux petit travers, qui, sans partage, prend sa place.

Confondant innocence et stupidité, LEGALLY BLONDE 2 lorgne lourdement vers Capra mais ne parvient jamais à se métamorphoser en MS SMITH GOES TO WASHINGTON.

Edmond de Saint-Pierre
esp@ranska.net

Joel Coen, 2003

Avec George Clooney, Catherine Zeta-Jones, Billy Bob Thornton, Geoffrey Rush, Cedric The Entertainer, Edward Herrmann, Richard Jenkins

Le site officiel est
ici

 

Un avocat qui se trouve être LE spécialiste en droit matrimonial à Hollywood tombe amoureux de la femme d’un de ses clients. Les frères Coen transfigurent une comédie romantique somme toute banale en film délirant. Un peu inégal mais plutôt agréable.

Les ombres de Howard Hawks et de Frank Capra planent sur INTOLERABLE CRUELTY qui se présente comme un hommage aux comédies des années trente ou quarante. George Clooney, sa gestuelle et son énergie évoquant d’ailleurs irrésistiblement le fantôme de Cary Grant.

Composé de moments plutôt faibles mais aussi de scènes amusantes et désopilantes, INTOLERABLE CRUELTY constitue un costume dans lequel on sent souvent les frères Coen un peu à l’étroit. A tort ou à raison, il est difficile de s’empêcher de penser qu’ils sont maintenus dans un carcan « mainstream » par les deux scénaristes avec qui, au moins au générique, ils partagent l’écriture du scénario.

Ceci dit, ce qui sauve le film, c’est qu’inévitablement à deux dans un costume les coutures finissent par céder en certains endroits : une étonnante et authentiquement coenienne collection de personnages loufoques envahit le film et arrache magistralement le spectateur à une torpeur menaçante.

Même si on est ici très loin de MILLER’S CROSSING (1990), BARTON FINK (1991) ou FARGO (1995), INTOLERABLE CRUELTY constitue cependant une comédie fort honorable dotée, de plus, d’un charmant générique.

Edmond de Saint-Pierre
esp@ranska.net

HYMYPOIKA (sortie le 24.10.03)

Posted by ESP On février - 14 - 2007

Jukka-Pekka Siili, 2003

Avec Reino Nordin, Jussi Nikkilä, Jenni Banerjee, Jarkko Niemi, Evi Suppala, Mervi Takatalo, Ville Kivelä, Laura Malmivaara, Ville Virtanen

Le site officiel est
ici

 

Un groupe de jeunes gens décident de filmer tous leurs ébats amoureux à l’insu de leurs partenaires. A l’image de son affiche, HYMYPOIKA est un produit terriblement racoleur, terriblement fabriqué.

Le dossier de presse ne cache pas la stratégie du film. HYMYPOIKA a une cible : les 15-24 ans et des modèles PAHAT POJAT et LEVOTTOMAT. Tel une pizza cinématographique tentant, à l’intérieur du public choisi, de plaire au plus grand nombre, il se compose de nudité, de sexe, de voyeurisme et de provocation.

En plus de ces ingrédients douteusement agencés il se singularise par une galerie de personnages aussi détestables que peu crédibles. C’est donc en vain que le film tentera de se transformer en tragédie. Car de protagonistes abjects il y a foison mais de héros tragique, il n’y a point.

Très complaisant et moralement ahurissant, HYMYPOIKA fait bien sûr penser à la télé réalité mais aussi à Hollywood. Quoique se situant esthétiquement à des années-lumière des films hollywoodiens, il partage cependant avec ceux-ci l’obsession de plaire au plus grand nombre : cette idée qu’on peut vendre un film comme un yaourt ; qu’une fois le public identifié, un emballage accrocheur (l’affiche), une campagne de marketing et quelques ingrédients de base devraient pouvoir faire l’affaire. Les producteurs attendent 250 000 spectateurs. Voyons.

Edmond de Saint-Pierre
esp@ranska.net

Isabel Coixet, 2003

Avec Sarah Polley, Mark Ruffalo, Amanda Plummer, Scott Speedman, Deborah Harry

Le site officiel est
ici

 

Mère de deux enfants, une jeune femme de 23 ans apprend qu’il ne lui reste plus que quelques mois à vivre.
Mélodrame qui s’efforce d’arrondir tous ses angles, MY LIFE WITHOUT ME semble avoir été écrit par un adolescent plein de jolies idées et de bonnes intentions.

Quoique pétri d’une poésie de supermarché, littéralement, le film fourmille de belles trouvailles qui semblent malheureusement obstinément en porte-à-faux avec la gravité du sujet. Et on a du mal à croire qu’à pareille nouvelle quiconque (et encore moins une jeune femme de 23 ans) pourrait réagir avec tant de sang-froid.

L’interprétation de très bon aloi emmenée par l’excellent Mark Ruffalo comporte une étonnante prestation de l’ex-Blondie Deborah Harry. Elle joue magistralement la mère du personnage principal, femme rongée par l’amertume de ses rêves brisés.

Film espagnol, tourné au Canada avec des acteurs américains, MY LIFE WITHOUT ME est sympathique là où BROIDIT (film au sujet proche), moins précieux, moins immature et plus sobre, parvenait à être émouvant.

Edmond de Saint-Pierre
esp@ranska.net

Les vacances de Monsieur Hulot

Posted by aline
sept-2-2010 I Comments Off

Mon oncle

Posted by aline
sept-2-2010 I Comments Off

Jour de fête

Posted by aline
sept-2-2010 I Comments Off

Jacques Tati - Courts métrages (1)

Posted by aline
sept-2-2010 I Comments Off

Playtime

Posted by aline
sept-2-2010 I Comments Off

Trafic

Posted by aline
sept-2-2010 I Comments Off

Parade

Posted by aline
sept-2-2010 I Comments Off

Jacques Tati - Courts métrages (2)

Posted by aline
sept-2-2010 I Comments Off

Festival international du film Espoo Ciné

Posted by aline
août-24-2010 I Comments Off

Entretien avec Jean-Baptiste Garnero

Posted by aline
mar-23-2010 I Comments Off

Entretien avec Nicolas Philibert

Posted by aline
fév-5-2010 I Comments Off

KONSERTTI / LE CONCERT (sortie le 27.11)

Posted by aline
déc-14-2009 I Comments Off

THOMAS (sortie le 20.11)

Posted by aline
déc-14-2009 I Comments Off

LOOKING FOR ERIC (sortie le 13.11)

Posted by aline
déc-14-2009 I Comments Off

PARANORMAL ACTIVITY (sortie le 13.11)

Posted by aline
déc-14-2009 I Comments Off

MICHAEL JACKSON’S THIS IS IT (sortie le 28.10)

Posted by aline
nov-8-2009 I Comments Off

ILMIANTAJA! / THE INFORMANT! (sortie le 23.10)

Posted by aline
nov-8-2009 I Comments Off

WHATEVER WORKS (sortie le 23.10)

Posted by aline
nov-8-2009 I Comments Off

PIHALLA (sortie le 23.10)

Posted by aline
nov-8-2009 I Comments Off

Entretien avec Philippe Claudel

Posted by aline
août-16-2009 I Comments Off

PARIS 36 / FAUBOURG 36 (sortie le 17.7)

Posted by ESP
juin-20-2009 I Comments Off

KAIKEN SE KESTÄÄ / POUR ELLE (sortie le 3.7)

Posted by ESP
juin-20-2009 I Comments Off

RAJATTU MAA / CROSSING OVER (sortie le 3.7)

Posted by ESP
juin-20-2009 I Comments Off

THE HAUNTING IN CONNECTICUT (sortie le 26.6)

Posted by ESP
juin-20-2009 I Comments Off

KAUHEA KANKKUNEN / THE HANGOVER (sortie le 24.6)

Posted by ESP
juin-20-2009 I Comments Off

TIETO / KNOWING (sortie le 21.6)

Posted by ESP
juin-20-2009 I Comments Off