Olivier Dahan, 2007 | De Belleville à New York, de la petite Edith à la grande Piaf, LA MÔME retrace le destin d’un être hors norme. Délibérément (et littéralement) mélodramatique, le biopic d’Olivier Dahan tend un peu à disparaître sous la prestation impressionnante de Marion Cotillard qui domine le tout de sa tête longuement dentées et de ses épaules remarquablement rentrées.
Ce que fait l’actrice française dans LA MÔME est quelquechose qu’on ne voit pas tous les quatre matin dans le cadre étroit de notre cinéma hexagonal. Il s’agit d’un vrai rôle de composition à l’américaine. Américaine, d’ailleurs le serait-elle, qu’il n’en faudrait pas plus pour que l’oscar lui soit de toute part promis. Pour ce qui est du film, Olivier Dahan n’y va pas avec le dos de la cuillère. Toutefois sa vision misérabiliste relève d’un parti-pris sentimentalo-dramatique qui se trouve en parfaite résonnance avec les chansons d’Edith Piaf, celui du film résolument populaire. Edmond de Saint-Pierre |
Archive for mars, 2007
LA MÔME / PARIISIN VARPUNEN - EDITH PIAF (sortie le 30.3)
MUSIC AND LYRICS / SÄVEL JA SANAT (sortie le 23.3)
Marc Lawrence, 2007 Avec Hugh Grant, Drew Barrymore | Une ancienne popstar rencontre grâce à une parolière sa chance de renouer avec le succès. Comédie romantique bénéficiant d’un générique d’anthologie, MUSIC AND LYRICS ne pourra laisser indifférent ceux qui ont dansé avec des pantalons blancs et des Adidas assorties sur WHAM.
Il faut bien dire cependant qu’il manque au film un dialoguiste inspiré à la Richard Curtis. Hugh Grant et Drew Barrymore ont beau être très sympathiques, le film ne parvient jamais à vraiment décoller. Certes jamais désagréables mais toujours très attendus, personnages et situations se révèlent incapables de faire oublier le générique de début. Car, ce qui est sûr, c’est que Hugh Grant en George Michael version 1983 saura vous arracher un sourire. Hollywood sait décidément comment nous parler ! Ah nostalgie quand tu nous tiens ! Edmond de Saint-Pierre |
THE NUMBER 23 / NUMERO 23 (sortie le 23.3)
Joel Schumacher, 2007 Avec Jim Carrey, Virginia Madsen, Logan Lerman, Danny Huston | Un agent de la fourrière découvre un roman de gare qui présente d’étonnants parrallèles avec sa propre vie, s’identifie dangereusement au personnage principal, un privé joueur de saxophone ayant une relation torride avec une femme fatale, et finit obsédé par l’omniprésence du nombre 23 qu’il considère comme la solution du mystère, la clé de l’univers, le chiffre de la bête. Et malgré tout ceci plus Jim Carrey, non, non THE NUMBER 23 n’est pas une comédie et se révèle donc aussi ridicule et prétentieux que peut le laisser deviner ce résumé lapidaire.
Passons sur les lacunes scénaristiques pour retenir l’extraordinaire laideur du film. Pendant une bonne partie de THE NUMBER 23 on se retrouve malheureux prisonnier des pensées du chasseur de chiens égarés phagocyté par le livre maudit. Ce qui nous donne droit à d’improbables scènes violemment surexposées ou des personnages étonamment ridicules (l’amusant Schumi joue-t-il l’archétype, le second degré ou le foutage de gueule ?) évoluent dans des décors de théâtre minimaliste. Mystère grotesque, THE NUMBER 23 est une mauvaise plaisanterie qui se prend au sérieux. Edmond de Saint-Pierre |
TIDELAND (sortie le 16.3)
Terry Gilliam, 2006 |
Avec pour plus proches voisins un attardé mental et une inquiétante taxidermiste vêtue de noir, une petite fille se retrouve livrée à elle-même dans une vieille barraque en bois perdue au milieu de nullepart. Conte gothique mâtiné d’humour très noir, TIDELAND ressemble au film d’horreur pour adultes que Tim Burton ne fera jamais. Déplaisante, et même par moments difficile à regarder, la nouvelle oeuvre de Terry Gilliam avec ses vastes paysages tranquilles et ses improbables personnages barrés, se révèle cependant aussi, poétique et mystérieuse. S’il est certain que TIDELAND déplaira à beaucoup. On doit cependant lui reconnaître une étonnante et rafraîchissante (si l’on ose dire) liberté de ton. Terry Gilliam a décrit lui-même son film comme la recontre d’Alice aux Pays des Merveilles et de Psychose. On ne saurait mieux dire. Edmond de Saint-Pierre |
DEN NYA MÄNNISKAN / UUSI IHMINEN (sortie le 16.3)
Klaus Härö, 2007 |
A travers le portrait émouvant d’une épatante jeune fille de 1951, DEN NYA MÄNNISKAN évoque la politique eugéniste de la Suède qui consistait à stéréliser les jeunes femmes pauvres et/ou faibles d’esprit. Magnifiquement interprété, ce nouveau film confirme une fois de plus tout le talent de Klaus Härö. Le plus réussi consiste à mettre le spectateur à la place de la jeune héroïne qui peu à peu comprend de quoi il retourne et qui, ensuite, met du temps à s’en indigner. Il émane de DEN NYA MÄNNISKAN une étonnante horreur, à la fois tranquille et révoltante. On peut cependant regretter que la fin du film ne soit pas tout à fait à la hauteur du reste : conclusion un peu hollywoodienne ou clichés et carricatures finissent par s’inviter à cette drôle de fête en la gâchant quelque peu. Edmond de Saint-Pierre |
FUR: AN IMAGINARY PORTRAIT OF DIANE ARBUS (Sortie le 16.3)
Steven Shainberg, 2006 |
Portrait de l’imaginaire d’une artiste au moment où elle bascule dans un autre monde, celui de la création. Entre la Belle et la Bête et Alice au Pays des Merveilles, FUR gambade sagement sur les chemins imaginaire de l’inspiration. Sans doute un peu trop sage et carré pour son sujet, FUR a des allures de Lynch ou de Cronenberg pour les Nuls. Ceci dit, porté de bout en bout par Nicole Kidman qui parvient au mieux à rendre les émotions d’un personnage écartelé entre frustration, peur et obsession, et aussi à faire oublier le difficilement supportable Robert Downey Jr., FUR mérite le détour. Edmond de Saint-Pierre |
HOLLYWOODLAND (sortie le 16.3)
Allen Coulter, 2006 Avec Adrien Brody, Diane Lane, Ben Affleck, Bob Hoskins |
C’est l’histoire vraie d’un acteur prometteur, George Reeves, qui, à la fin des années 50, s’est retrouvé prisonnier du succès de Superman qu’il fut le premier a incarné à la télé. Film noir autour de la mort mystérieuse de ce pauvre Georges, HOLLYWOODLAND s’intéresse davantage aux coulisses sombres de l’Hollywood de l’époque qu’à la résolution de son énigme. Et c’est tant mieux. Etonnante galerie de personnages, HOLLYWOODLAND offre au médiocre et sympathique Ben Affleck le rôle de sa vie en lui demandant d’interpréter le médiocre et sympathique Georges Reeves. Il y a là sans doute un peu d’identification qui s’opère et le résultat est saisissant. Rêve et réalité, luxe et misère, décadence et violence, compromission et fantasme, tout Hollywood se trouve dans HOLLYWOODLAND. Edmond de Saint-Pierre |
MARTININ UNELMA / DRØMMEN (sortie le 9.3)


Niels Arden Oplev, 2006
Avec Bent Mejding, Anders W. Berthelsen, Jens Jørn Spottag, Anne Grethe Bjarup Riis
1969 au Danemark, un enfant ayant Martin Luther King pour modèle se révolte contre la tyrannie du proviseur de son école. Entre équilibre familial instable et sentiment d’injustice, cette sympathique évocation d’une époque en pleine transition vaut surtout par l’excellente prestation de Bent Mejding dans le rôle du proviseur despotique.
Spectacle familial par excellence, DRØMMEN a de quoi satisfaire petits et grands.
Edmond de Saint-Pierre
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NORBIT (sortie le 9.3)

Brian Robbins, 2007
Avec Eddie Murphy, Trandie Newton
Jeune orphelin élevé par un vieux Chinois, Norbit qui a épousé une femme-mamouth tyrannique retrouve son amie d’enfance. Comédie romantique et pachydermique, NORBIT ne connaît pas la finesse. Norbit, c’est trois fois Eddie Murphy. Incarnant le rôle-titre mais aussi celui du vieux Chinois et surtout celui de la femme-éléphant, montagne de chair noire gélatineuse marchant directement sur les traces d’un autre répugnant monstre cinématographique la Big Momma incarnée par Martin Lawrence.
NORBIT n’a rien d’un film raté. C’est paresseux, vulgaire, stupide, un peu sexiste et un rien raciste. Bref, exactement ce qu’il voulait être. L’indigence était visée, elle est atteinte de manière remarquable. On peut considérer que dans son genre NORBIT est un chef-d’oeuvre.
Edmond de Saint-Pierre
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AAVAN MEREN TÄLLÄ PUOLEN (sortie le 9.3)


Nanna Huolman, 2007
Avec Mia Saarinen, Milka Ahlroth, Jim Rautiainen, Mari Rantasila ja Timo Tuominen
Voyage dans les années 80 où une petite Finlandaise habitant en Suède retrouve à contre-coeur sa Carélie du Nord natale. Film sur les relations difficiles entre une mère et sa fille aux portes de l’adolescence, AAVAN MEREN TÄLLÄ PUOLEN est un film sympathique et un peu inutile.
Eveil de la sexualité, recherche d’identité, rébellion bon enfant, AAVAN MEREN TÄLLÄ PUOLEN ressemble à un teléfilm de plus.
Edmond de Saint-Pierre
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PALJASTAVAT MERKINNÄT / NOTES ON A SCANDAL (sortie le 23.2)
Richard Eyre, 2006
Avec Cate Blanchett, Judi Dench, Alice Bird, Max Lewis, Jeff Lipman, Philip Scott
Cette histoire d’une trouble amitié entre deux femmes que tout sépare tourne rapidement pour le plus grand plaisir du spectateur au thriller psychologique. Remarquablement servi par deux excellentes actrices, NOTES ON A SCANDAL parvient à trouver un bel équilibre entre étude psychlogique et thriller efficace.
Si comme souvent Cate Blanchett est excellente, c’est toutefois Judi Dench et sa férocité de petite bonne femme aussi machiavélique que naïve qu’on retiendra de ce film très plaisant.
Edmond de Saint-Pierre
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http://www.foxsearchlight.com/NOAS/
GHOST RIDER / AAVEAJAJA (sortie le 23.2)
Mark Steven Johnson, 2006
Avec Nicolas Cage, Eva Mendes, Wes Bentley, Sam Elliott
Un cascadeur au grand coeur est amené à vendre son âme au diable. Comme il l’avait fait dans DARE DEVIL, Mark Steven Johnson prend soin d’aseptiser et de ridiculiser un nouveau superhéros de l’écurie Marvel.
On assiste donc à une incroyable puérilisation d’un thème potentiellement intéressant. Tentant maladroitement de suivre les traces de SPIDER MAN, le film alterne les scènes d’humour (laborieuses) et les scènes d’action (baillementsssss), le tout baignant dans des effets numériques souvent ridicules.
A la fois infantile et violent, ce n’est pas sur ce fantôme à la tête enflammée qu’il faudra compter pour sauver l’humanité : GHOST RIDER, de ses bien sales draps, se contente de la recouvrir.
Edmond de Saint-Pierre
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http://www.sonypictures.com/movies/ghostrider/
MIEHEN TYÖ (sortie le 23.2)
Aleksi Salmenperä, 2007
Avec Tommi Korpela, Jani Volanen, Maria Heiskanen, Stan Saanila


Après avoir perdu son travail sans rien en dire à sa famille, un ouvrier se tourne vers la « prostitution artisanale » pour continuer à faire vivre les siens.
Drame passablement glauque qui comme toute production finlandaise qui se respecte se doit d’avoir pour personnage principal une pauvre âme écrasée par les exigences d’une société qui ne peut se résoudre à accepter l’individu et qui apparaît dans sa toute puissance absolument terrifiante. Comme il se doit, notre héros sacrifiera donc allègrement l’estime de soi ou toute forme de fierté sur l’autel de la sacro-sainte société.
Baignant dans un réalisme pesant d’où on aperçoit quelques bribes d’humour tentant sans succès de surnager, MIEHEN TYÖ ressemble à un mélo pas flamboyant. Du réalisme prosaïque doté d’une esthétique de téléfilm.
Edmond de Saint-Pierre
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