Michael Lehmann, 2007 |
Une mère poule qui va sur ses 60 ans essaie désespérément de trouver un mari pour sa fille cadette. De cette comédie romantique affligeante, personne ne sort indemne et la sympathique Diane Keaton encore moins que les autres.
Il est bien triste de voir celle qui brilla autrefois chez Woody Allen, agiter ses mains, ouvrir ses narines et faire l’hystérique dans un néant si abyssal. Si le cinéma américain continue d’offrir ce genre de rôle à ses stars d’hier, il ne faudra plus s’étonner que les starlettes se precipitent sous les scalpels des chirurgiens esthétiques. Ennuyeux, mal écrit, stupide, épouvantablement joué, BECAUSE I SAID SO appartient à la redoubtable catégorie des films misogynes qui s’ignorent. Edmond de Saint-Pierre |
Archive for avril, 2007
SEKAVIA SUHTEITA / BECAUSE I SAID SO (sortie le 27.4)
NEXT (sortie le 27.4)
Lee Tamahori , 2007 |
Pour empêcher une attaque terroriste, fomentée par d’ignobles Français et d’encore plus repoussants Allemands, le FBI a recours à un homme qui présente le don particulier de voir quelles conséquences auront ses actes présents sur les deux minutes à venir. Adapté d’une nouvelle de Philip K. Dick, Next aurait dû tenter le court-métrage.
Nicolas Cage en medium cool, Jessica Biel en femme sexy et généreuse, Julianne Moore en dur à cuire du FBI : on peut s’attendre au pire. On est servi. Ces trois caricatures squelettiques se promènent dans un film où scènes d’action plus ou moins réussies alternent avec quelques moments à visées comiques ou dramatiques complètement ratés. Les paradoxes temporels de la science-fiction sont certes toujours fascinants, mais au-delà de l’intrigue un peu maligne de Philip K. Dick, NEXT ne se révèle pas beaucoup plus intéressant que le redoutable GHOST RIDER où s’était déjà embourbé Monsieur Cage. Bref, comme le titre l’indique ce n’est pas sur ce film qu’on s’arrêtera.Allez, au suivant… Edmond de Saint-Pierre |
HÄIDEN JÄLKEEN / EFTER BRYLLUPPET (sortie le 20.4)
Susanne Bier, 2006 |
Un Danois travaillant dans un orphelinat indien se retrouve par hasard invité à un mariage qui va bouleverser sa vie. Mélodrame paradoxal, EFTER BRYLLUPPET multiplie les rebondissements mais ne s’abandonne jamais à la liquidité de l’émotion.
Filmant ses acteurs au plus près, la caméra de Susanne Bier est constamment à l’affût du moindre signe qui révèlerait une fragilité, une angoisse, de la moindre faille qui laisserait entrevoir un lourd secret. Traitant de la famille, de l’identité, de la responsabilité, des cas de conscience, EFTER BRYLLUPPET propose un voyage émotionnel mouvementé qui, et ce jusqu’à son ultime fin, ne laissera pas un moment de répit au spectateur. Edmond de Saint-Pierre |
ALPHA DOG (sortie le 20.4)
Nick Cassavetes, 2007 |
Dans la bourgeoisie de Los Angeles, un jeune trafiquant de drogue enlève le frère d’un de ses clients mauvais payeur. Inspiré d’une histoire vraie, ALPHA DOG tente de reconstituer de manière aussi réaliste que possible les évènements anodins qui ont conduit à un drame cauchemardesque.
Mettant ainsi le spectateur dans une position désagréable de voyeur, le film ne ressemble pas tout à fait à du cinéma mais intéresse indéniablement en dressant le portrait inquiétant d’une jeunesse blanche, dorée et sans repère pour laquelle tout n’est que légèreté jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Terrifiant. Quoique joué de manière très convaincante par l’ensemble de la distribution, ALPHA DOG n’évite pas les clichés et, à l’image du costume « Big Momma » répugnant et un rien ridicule porté par Sharon Stone dans la dernière scène, le film ne fait pas toujours dans la finesse. Edmond de Saint-Pierre |
INLAND EMPIRE (sortie le 13.4)
David Lynch, 2006 |
C’est un film sur le cinéma, sur l’infidélité, sur des lapins géants ou peut-être sur tout autre chose. C’est David Lynch en roue libre et en caméra numérique.
Doté d’une bande son aussi fascinante que ses images, INLAND EMPIRE angoisse, défie notre besoin de narration logique (et ce, peut-être encore plus qu’aucun autre film de Lynch) et tend finalement à hypnotiser le spectateur consentant. Pour l’autre, le spectateur qui se refuserait à l’artiste, INLAND EMPIRE pourrait se résumer à ceci : Car personne ne verra le même film. En effet, on peut, devant ce spectacle onirique à tendance cauchemardesque, se perdre de différentes manières et notamment en interprétation. En des temps où le cinéma semble de plus en plus formaté et creux, cette lynchienne nuit américaine constitue un espace de liberté certes déboussolant mais surtout rafraîchissant. Edmond de Saint-Pierre |
SUNSHINE (sortie le 13.4)
Danny Boyle, 2006 |
Nous sommes en 2057 et le soleil présente de sérieux signes de fatigue. Un vaisseau habité par huit hommes et femmes a pour mission d’aller revitaliser l’astre moribond pour sauver l’humanité. Entre science-fiction et film d’horreur, SUNSHINE intrigue d’abord, ennuie ensuite puis déçoit beaucoup.
Avec son point de départ intéressant et ses images souvent brillantes, le nouveau film de Danny Boyle promet beaucoup. On pense bien sûr à 2001 ou à ALIEN mais force est de reconnaitre que le plus le vaisseau se rapproche du soleil, plus le film s’écarte de ses illustres modèles. Bref, si on part de hauts sommets, on ne fait ensuite que doucement glisser. Et la descente s’achève dans une bien triste vallée autour d’un point d’eau qui ressemble à Crystal Lake, un vendredi 13. Edmond de Saint-Pierre |
QUELQUES JOURS EN SEPTEMBRE / MUUTAMA PÄIVÄ SYYSKUUSSA (sortie le 6.4)
Santiago Amigorena, 2006 |
Quatre personnes et l’espion américain qu’elles poursuivent à travers l’Europe se retrouveront le 11 septembre 2001 à Venise. Mélange audacieux de drame familial, espionnage international et comédie romantique, QUELQUES JOURS EN SEPTEMBRE, à force de s’obstiner à trouver une tonalité neuve, réussit, effectivement, à ressembler à pas grand-chose.
Le film, sans jamais s’ancrer dans quoi que ce soit de consistant, oscille allégrement entre légèreté et gravité et va même jusqu’à toucher l’absurde tragique avec l’inattendu personnage de John Turturo qui semble sorti du film d’un improbable Tarantino européen. Ceci dit la forme épouse magnifiquement le fond de ce film maniéré. En effet, de façon très symptomatique, QUELQUES JOURS EN SEPTEMBRE se fait un plaisir d’agacer le spectateur en accumulant les mises au point floues. Edmond de Saint-Pierre |
KEKSIJÄKYLÄN LOTTA (sortie le 6.4)
Heiki Enits / Janno Poldma, 2006 |
Dans un petit village où l’invention est l’occupation municipale, de gentils petits animaux emmenés par un personnage féminin se livrent à une défense et illustration de l’amitié et du courage.
Cette animation estonienne dont le dessin rappelle vaguement Mauri Kunnas et qui reçut un franc succès dans son pays ne pourra malheureusement, si j’en crois les réactions de mon corps, que difficilement retenir l’attention d’un adulte : je me suis légèrement assoupi. Quant aux enfants, il est peu probable qu’en l’absence de couverture médiatique massive, ils manifestent le moindre désir d’aller voir Lotta et ses amis. Et oui, on en est là ! Ceci dit, ils ne louperont pas grand-chose car KEKSIJÄKYLÄN LOTTA est un de ces petits dessins animés inoffensifs et gentiment niais. Edmond de Saint-Pierre |
EPIC MOVIE (sortie le 6 avril)
Jason Friedberg & Aaron Seltzer, 2007 |
Parodiant principalement NARNIA, EPIC MOVIE se frotte aussi à tous les gros films hollywoodiens des douze derniers mois. Plus pathétique qu’épique le résultat est atterrant de platitude quand ce n’est pas de bêtise ou de laideur.
Après DATE MOVIE, leur oeuvre précédente, les redoutables Friedberg & Seltzer s’imposent donc comme les rois incontestables du néant cinématographique et de la stupidité abyssale. Edmond de Saint-Pierre |



