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Wong Kar Wai, 1995
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Dans le Hong kong d’avant 1997, deux flics se heurtent à deux hôtesses de l’air et Wong kar Wai en profite pour peindre dans le cadre pittoresque d’une jungle urbaine, son trio favori, la solitude, la mélancolie et l’incommunicabilité.
Composé de deux histoires qui se répondent vaguement, CHUNGKING EXPRESS affiche une structure curieusement déséquilibrée, la première histoire étant très courte et la deuxième beaucoup plus longue. Cette liberté formelle annonce une véritable liberté de ton (mélange d’improvisation, d’humour, de mélancolie, de romantisme, de film noir et de femme fatale) qui n’est pas sans rappeler la Nouvelle Vague. Entre un Godard chaleureux et un Tarantino qui s’intéresserait à l’être humain, Wong Kar Wai développe un style personnel, fait de virtuosité, de romantisme et d’humour. A la fois drôle et mélancolique, simple et profond, CHUNGKING EXPRESS n’hésite pas à donner aux boites de conserve des allures de poésie et à la Californie des airs de paradis. Edmond de Saint-Pierre |
Archive for mai, 2007
CHUNGKING EXPRESS (sortie le 1.6)
GRINDHOUSE: DEATH PROOF (sortie le 1.6)
Quentin Tarantino, 2006 |
Stuntman Mike et son puissant véhicule rugissant chassent les groupes de filles. Hommage aux films de série B à travers une esthétique chère à l’auteur, celle des femmes à la sexualité agressive, des voitures vrombissantes et des psychopathes colorés.
Le film ne constitue certes pas la preuve de la mort de Tarantino. Il contient plusieurs moments brillants, notamment la course-poursuite finale. Mais il est certainement la preuve d’une certaine forme de paresse. Si le brio du bonhomme est indéniable, on aimerait qu’il traite d’un sujet avec quelque ambition. Ici, c’est franchement le niveau zéro. Toutefois, la bonne nouvelle de ces dialogues assommants et de cette photo plutôt moche (qu’on peut évidemment comme d’ailleurs tous les autres défauts du film mettre sans doute un peu trop facilement sur le compte de l’hommage à des films techniquement médiocres…) est que Quentin a maintenant touché le fond. Il semble être arrivé au bout de son exploration du cinéma B et va donc peut-être enfin se frotter au film adulte! Edmond de Saint-Pierre |
ZODIAC (sortie le 25.5)
David Fincher, 2007 |
Sur plusieurs décennies, un mystérieux serial killer sème la panique à San Francisco. Inspiré de faits réels, ZODIAC est une oeuvre très documentée qui a le mérite de surprendre.
Ca commence comme un film de genre classique puis progressivement, ça va autre part. Ca tourne à l’étude d’une obsession au parfum métaphysique: se mettre en quête de l’impossible réponse. Le serial killer se trouve alors relégué à l’arrière-plan et le film se focalise sur les véritables victimes consentantes du monstre : les obsédés de l’énigme. On est alors beaucoup plus près de ALL THE PRESIDENT’S MEN que de SEVEN. Ceci dit, peut-être à l’image de ces hommes qui se perdent dans leurs recherches, Zodiac n’en finit plus. Le film dure quand même158 minutes ! Le spectacle a cependant une qualité essentielle. Débarrassé des clichés du genre, il n’hésite pas à s’adresser à un public adulte, ce qui, après avoir vu les joyeux Caraïbiens, ne saurait déplaire. Edmond de Saint-Pierre |
PIRATES OF THE CARIBBEAN: MAAILMAN LAIDALLA / PIRATES OF THE CARIBBEAN: AT WORLD’S END (sortie le 23.5)
Gore Verbinski, 2007 |
PIRATES OF THE CARIBBEAN, c’est 170 minutes d’une atmosphère qui balancent entre humour et violence, entre bon enfant et cynisme, entre pacotille et hyperréalisme. Objet plutôt bizarre qui nonobstant sa musique assourdissante susciterait un sommeil de bon aloi.
Ceci dit, PIRATES OF THE CARIBBEAN: AT WORLD’S END constitue indéniablement la fidèle adaptation de son modèle qui, rappelons-le, n’est rien d’autre qu’une attraction foraine : quelques belles images au royaume des morts, décors et costumes pittoresques, créatures gentiment monstrueuses. Mais narrativement, psychologiquement, émotionnellement, ça vaut pas tripette. Bref si ça durait le temps d’un tour de manège, ce serait tout à fait épatant ! Edmond de Saint-Pierre |




