Chris Miller, 2007 | A la mort du roi, Shrek se retrouve à la tête d’un royaume qu’il échangerait volontiers contre sa cabane au fond des bois. Il se met alors à la recherche de l’héritier de la couronne alors que Charmant entend bien profiter de l’occasion pour prendre le pouvoir…
Jamais deux sans trois donc. Dommage car ce troisième épisode fait un peu triste figure. Pour lui trouver une justification, les auteurs ne se sont pas penchés sur l’histoire mais plutôt sur les personnages. Résultat : SHREK THE THIRD propose une ribambelle de nouveaux personnages, potentiellement amusants, mais trop nombreux pour que le spectateur puisse s’y attacher et que donc le film puissent en bénéficier de manière consistante. Avec SHREK THE THIRD on ne passe certes pas un mauvais moment mais il est difficile, en voyant défiler une répétition de gags déjà vus sur une famélique trame narrative, de ne pas s’apercevoir qu’on est arrivé au bout de l’aventure. Edmond de Saint-Pierre |
Archive for août, 2007
SHREK KOLMAS / SHREK THE THIRD (sortie le 31.8)
IRINA PALM (sortie le 31.8)
Sam Garbarski, 2007 | Pour réunir la somme coquette qui permettra à son petit-fils gravement malade de bénéficier d’un traitement expérimental en Australie, une grand-mère prête à tout va jouer des pieds et des mains, enfin… surtout des mains.
Partant d’un point de départ difficile à tenir, IRINA PALM est un film étrange, à la fois mièvre et glauque. Il joue sur des registres très différents: le drame social et le conte de fée, le sordide et le merveilleux. Le tout se révèle souvent grotesque et un peu maladroit. Dans un genre proche, Ken Loach réussit à faire beaucoup mieux en en faisant beaucoup moins. Marianne Faithfull a certes la bonne épaisseur pour le rôle mais l’intrigue, elle, est beaucoup trop mince. Edmond de Saint-Pierre |
FRACTURE / MURTUMATON (sortie le 31.8)
Gregory Hoblit, 2007 |
Pour échapper aux conséquences juridiques du meurtre de sa femme, un homme manipule le système judiciaire américain et un jeune procureur trop sûr de lui
Anthony Hopkins reprend sa panoplie d’Hannibal Lecter. Ce n’est certes pas désagréable de lui voir ses sourires inquiétants et cette suave politesse pleine de mépris pour le genre humain, mais bon, on a déjà vu. Et puis, comme FRACTURE est un film qui joue sur le contraste, l’Hannibal vieilli a en face de lui, dans le rôle du procureur, un jeune type qui est son opposé en tout, y compris en charisme cinématographique. Bref, film au suspense poussif où Anthonny nous refait le coup du méchant omniscient, omnipotent. Omnisoporifique. Edmond de Saint-Pierre |
HOAX / VEDÄTYS (sortie le 24.8)
Lasse Hällstrom, 2007 | En 1971, Clifford Irving, écrivain mineur en quête de notoriété, propose à son éditeur d’éditer une biographie d’Howard Hughes basée sur les confidences que celui-ci lui aurait faites. On s’arrache le livre avant de découvrir que M. Irving n’a jamais rencontré M. Hughes…
Il y aurait certainement une passionnante étude à faire sur la fascination contemporaine pour les histoires inspirées de faits réels, et, dans cette étude, un chapitre sans aucun doute éclairant à écrire sur les escroqueries inspirées de faits réels. Toujours est-il que le nouveau film de Lasse Hällstrom vaut cependant un tout petit peu plus que l’attrait légitime qu’exerce une escroquerie aussi improbable que cautionnée par sa véracité. La reconstitution plaisante des années 70 donne au film un cachet certain et l’interprétation convaincante de Richard Gere fait supporter l’aspect le moins réussi du film : le drame personnel vécu par le personnage principal. On peut cependant regretter que l’appliqué Lasse Hällström n’ait pas recours à une mise en scène plus en rapport avec le grain de folie de son personnage principal. Edmond de Saint-Pierre |
MEDUSAN SINETTI / THE BOURNE ULTIMATUM (sortie le 17.8)
Paul Greengrass, 2007 | Pour la troisième fois Jason Bourne va sillonner le globe à la recherche de son identité perdue. Film d’espionnage remarquable, THE BOURNE ULTIMATUM ne laisse pas une minute de répit au spectateur à qui il présente le portrait d’un homme perdu dans le village global.
Avec pour théâtre le monde, lieu qui n’a jamais paru aussi petit et pour moteur le « qui suis-je ? D’où viens-je ? », questions qui ont rarement paru plus déchirantes, Jason Bourne fait se téléscoper terrorisme international et péché originel. Sous son allure excitante de montagne russe, ce film inteligent tourné à cent à l’heure clôt remarquablement la saga de l’agent transcendant. Il ne reste maintenant plus qu’à prier pour que ce soit, là, effectivement, le dernier épisode… Edmond de Saint-Pierre |
LIFTARI / HITCHER (sortie le 17.8)
Dave Meyers, 2007 | Un jeune couple prend en stop un certain John Ryder… Remake d’une série B d’horreur bien connue de 1986, HITCHER se révèle un peu plus malsain et méchant que son modèle mais n’a finalement que bien peu de raisons d’être.
En effet, non seulement le film reprend scrupuleusement la structure de l’original mais choisit dans le rôle de John Ryder, l’acteur qui, à bien des égards, est le Rutger Hauer (le John Ryder original) moderne, Sean Bean. Au rayon des nouveautés, on ne peut donc se mettre sous la dent que Sophia Bush. Jeune personne au physique certes plutôt agréable mais dont la présence au côté de son petit ami annihile toute l’ambigüité homosexuelle latente qui faisait la singularité de l’original. Bref, la charmante Sophia Bush, malgré tout le bien qu’on puisse en penser, constitue finalement la fausse bonne idée de ce film inutile. Edmond de Saint-Pierre |
LADY CHATTERLEY (sortie le 3.8)
| Adaptation de la deuxième version du célèbre roman de D.H. Lawrence, LADY CHATTERLEY décrit les amours d’une femme avec son garde-chasse. Lent, long, beau et rare, le nouveau film de Pascale Ferran est à l’image de l’amour qu’elle décrit.
En effet, sa vision de l’amour ne s’inspire pas plus du mélo d’antan que des représentations pulsionaires moderne mais tout simplement de la nature. Omniprésente, celle-ci décline ses différentes saisons et métamorphose les amours interdites de la lady et du gueux en phénomène aussi naturel que l’épanouissement d’une fleur. Corps et coeurs en fête. C’est ce regard sobre de botaniste émerveillé qui permet à Pascale Ferran d’opposer élégamment l’artificialité des conventions sociales à la vérité de l’amour. C’est en effet grâce à la puissance du sentiment amoureux que l’un et l’autre des protagonistes trouveront enfin la force de vivre sans renier leur nature. Près de trois heures donc pour présenter une vision salutaire de l’amour et du cinéma, complètement à contre-courant de notre époque contemporaine. Edmond de Saint-Pierre |
BRIDGE TO TERABITHIA / SILTA SALAISEEN MAAHAN (sortie le 3.8)
Gabor Csupo, 2007 | Jess et Leslie, deux jeunes adolescents qui ont du mal à trouver leur place s’inventent un monde merveilleux qu’ils baptisent Terabithia. Spectacle familial peu banal, BRIDGE TO TERABITHIA n’échappe pas aux clichés du genre mais possède grâce à un coup de théâtre inattendu une indéniable force.
Les effets spéciaux, réussis mais très mesurés, ne prennent jamais le pas sur ce récit émouvant qui ose aborder un thème rarement traité dans un genre qui, en général, ne se risque jamais au-delà des frontières de la niaiserie. Parce que la révélation brutale de ce thème mystérieux auquel je fais référence est précisément ce qui fait la valeur de ce film par ailleurs assez médiocre, c’est à la fin de cette phrase que se trouvera le point final de cet article. Edmond de Saint-Pierre |



