Joe Wright, 2007 | Adaptation d’un roman de Ian Mc Ewan, ATONEMENT est une magistrale épopée romantique qui surprend, enchante et au final laisse pantois d’admiration. Le film commence comme une romance en costume pour ensuite basculer dans quelque chose de plus grand, de plus fort et de tout à fait inattendu. Pour le souffle épico-romantique sur fond de seconde guerre mondiale, on pense à THE ENGLISH PATIENT d’Anthonny Minghella (qui a d’ailleurs, ici, un petit rôle). Ou encore parfois à Sergio Leone pour la manière aussi élégante que frappante de faire découvrir en quelques plans inoubliables une ville ou les ravages d’une guerre. Dunkerke en ruines est présenté au spectateur grâce à un plan séquence aussi impressionnant que bouleversant, un mouvement de caméra de cinq minutes d’une sophistication époustouflante. Pour ne rien gâcher, le film est superbement interprété. Après l’excellent PRIDE AND PREJUDICE, Joe Wright s’affirme comme étant le seul cinéaste à pouvoir tirer quelque chose de Keira Knightley. Si on n’a pas lu le roman, il est préférable d’aller voir ce film en en sachant le moins possible, c’est pourquoi je ne dirai pas un mot de la richesse psychologique des personnages imaginés par Ian Mc Ewan, ni des raisons pour lesquelles transformer une machine à écrire en instrument de musique pour la BO du film se révèle une idée formidable! Edmond de Saint-Pierre |
Archive for septembre, 2007
SOVITUS / ATONEMENT (sortie le 28.9)
GANES (sortie le 28.9)
JP Siili, 2007 | Biopic sur un rocker local, GANES décrit comment, dans les années 70, Henry ”Remu” Aaltonen est devenu une star. Pittoresque et souvent rigolo, GANES vaut au final ce que vaut l’interprétation d’Eero Milonoff, c’est-à-dire tripette.
En effet, de la démarche à la morgue, du ridicule au flamboyant, l’acteur incarne au mieux ce personnage fort en gueule et faible en anglais, à la fois insupportable et attachant. De plus, parfaitement épaulé par des personnages secondaires très réussis, Eero Milonoff roule des mécaniques dans une reconstitution d’époque qui n’est pas dénuée de charme. Vive le réjouissant rock finlandais! Edmond de Saint-Pierre |
MISS POTTER / BEATRIX POTTER - TAITEILIJAELÄMÄÄ (sortie le 21.9)
Chris Noonan, 2006 |
Chris Noonan met en scène la vie de Beatrix Potter, écrivain et illustratrice de livres pour enfants. Film délicieux dans lequel les deux acteurs principaux s’en donnent à coeur joie, MISS POTTER retrace la destinée singulière d’un personnage particulièrement attachant, empêtré dans une période fascinante.
Mélange de sérieux, d’obstination et d’énergie enfantine, Beatrix Potter lutte contre les conventions sociales victoriennes tout en incarnant remarquablement son époque et son pays. Le tout, sur fond de merveilleux paysages anglais. Charmant. Edmond de Saint-Pierre |
PAKSUNA / KNOCKED UP (sortie le 21.9)
Judd Apatow, 2007 | Un adolescent attardé, amateur de jeux video et de fumée hillarante se retrouve par accident… père.
KNOCKED UP ne fait pas toujours rire, n’est pas du meilleur goût et possède plusieurs failles scénaristiques. Pourtant, Judd Apatow a un ton. Discutable, certes, mais original, assurément. Pour une fois qu’on n’a pas l’impression en regardant une comédie romantique d’être devant un clône, réjouissons-nous! Entre les explorations des futilités du quotidien à la Seinfeld et le mauvais goût revendiqué des frères Farrelly, KNOCKED UP, malgré sa fin conventionnelle, constitue une très bonne surprise. Edmond de Saint-Pierre |
RUSH HOUR 3 (sortie le 21.9)
Brett Ratner, 2007 | Deux personages ridicules poursuivent un assassin à Paris où, contre toute attente, ils ne rencontreront pas Jean Reno mais Yvan Attal, qui constitue la seule surprise amusante de ce film désespérément médiocre.
Que dire? Non seulement ce n’est pas drôle mais c’est meme pas parfois révoltant de bêtise (qu’est venu faire Roman Polanski dans le rôle d’un policier français adepte du viol anal?). De plus, comme, à 53 ans, Jackie Chan a passé l’âge des cascades spectaculaires, que peut-il rester d’une série de films qui a pour ambition de mêler comédie et action: Rien. Edmond de Saint-Pierre |
HUISI HAI / THE REEF (sortie le 21.9)
Howard E. Baker, John Fox, 2006 | Pâle film d’animation baignant dans un ocean aux couleurs rutilantes, THE REEF nage désespérément à la poursuite de NEMO. Inutile de dire qu’il ne réussira pas même à entrevoir la queue du célèbre poisson clown.
La seule manière qu’a trouvé THE REEF pour dissimuler son grossier plagiat, c’est d’emprunter, ici ou là, quelques scènes à d’autres dessins animés… Bref, la seule chose intéressante à trouver dans la confiserie un rien écoeurante de Messieurs Baker et Fox est l’occasion d’expérimenter la stupéfiante relativité du temps. Jamais vous ne le croirez en sortant de la salle, mais pourtant si: le film (et c’était pourtant là sa bonne idée) ne dure que 77 minutes! Edmond de Saint-Pierre |
MR. BROOKS (sortie le 14.9)
Bruce A. Evans, 2007 Avec Kevin Costner, Demi Moore, Dane Cook, William Hurt, Marg Helgenberger | Monsieur Brooks, homme d’affaire remarquable et généreux, est également un distingué tueur en série. Film surprenant qui laisse cependant un peu sur sa faim, MR. BROOKS donne enfin à Kevin Kostner l’occasion d’égratigner sérieusement son image.
La vraie nature de M. Brooks est invisible aux yeux du monde mais pas à ceux du spectateur. La bonne idée du film est d’avoir incarné la face sombre du personnage. Ainsi, William Hurt, le Mr. Brooks caché apparaît dans plusieurs scènes où il discute avec Kevin Kostner, le Mr. Brooks public. Malheureusement, le scénario se désintéresse de cet ingénieux système qui n’est exploité que de manière bien superficielle au profit d’une intrigue un rien absurde. Le film oscille entre humour noir, film d’horreur et drame personnel (M. Brooks est un homme qui se sait malade et qui cherche à se soigner). Film au relativisme moral de grande amplitude, MR. BROOKS demande au spectateur de s’attacher à un serial killer. Ca peut ne pas convenir à tous… Edmond de Saint-Pierre |
RAKKAUDEN RESEPTI / NO RESERVATIONS (sortie le 14.9)
Scott hicks, 2007 Avec Näyttelijät: Catherine Zeta-Jones, Aaron Eckhart, Abigail Breslin | Une chef cuisinière obsédée par son métier verra sa vie bouleversée par sa petite nièce et un bel homme. Remake d’un film allemand NO RESERVATIONS est donc un navet plutôt mal réchauffé.
On ne peut pas dire que cette misérable comédie romantique laisse le spectateur sur sa faim car, paradoxalement, elle ne parvient même pas à lui chatouiller les papilles. Catherine Zeta-Jones se révèle étonamment peu crédible dans un rôle qui lui va pourtant comme un gant à un manchot… Parce qu’il impose d’entrée à ce même spectateur un drame violent, NO RESERVATIONS se sent ensuite autoriser à faire accepter à cette pauvre victime déjà accablée un monceau de naiseries donnant de la vie une vision atterrante, puérile et pour tout dire irresponsable. Il ne reste plus qu’à espérer que RATATOUILLE, le prochain film Pixar, nous rendra l’appétit ; sinon on ira revoir LE FESTIN DE BABETTE. Edmond de Saint-Pierre |
GOAL II / GOAL II : LIVING THE DREAM (sortie le 14.9)
Jaume Collet-Serra, 2007 Avec Kuno Becker, Alessandro Nivola, Anna Friel, Stephen Dillane, Rutger Hauer | La destinée hors norme d’un footballeur aux origines modestes qui devient une star du Real de Madrid.
Autant le dire d’emblée, GOAL II est un véritable navet. Scénario inexistant, acteurs médiocres, clichés qui sans vergogne viennent tout nus se pavaner sous votre nez. C’est l’indigence totale. Et, paradoxalement (ou peut-être pas), c’est enrobé d’argent facile et ficelé par un long, très long ruban publicitaire que tente pathétiquement de se dissimuler cette bête indigence. Ceci dit, il faut bien avouer qu’apercevoir aux détours d’un plan, la silhouette, la jambe, le maillot ou un demi-sourire de Zidane ne peut laisser l’amateur d’art qui sommeille en chacun de nous complètement indifférent. Edmond de Saint-Pierre |
28 VIIKKOA MYÖHEMMIN / 28 WEEKS LATER (sortie le 7.9)
Juan Carlos Fresnadillo, 2007 Avec Robert Carlyle, Shahid Ahmed, Stewart Alexander, Emily Beecham | Dans une Angleterre en proie à un virus qui transforme la population en zombies, l’armée américaine a sécurisé un quartier de Londres où la vie reprend peu à peu, jusqu’au jour où ledit virus refait son apparition…
Imaginé comme une suite au 28 DAYS LATER de Danny Boyle, 28 WEEKS LATER lui est très supérieur dramatiquement, horriblement et politiquement. A l’image de ses zombies surexcités qui font apparaître ceux de Romero ou de Fulci comme d’innoffensifs gastéropodes, le film de Monsieur Fresnadillo prend le spectateur à la gorge dès le début pour ne plus le lâcher. Et ce n’est même pas en sortant de la salle de cinéma que vous débarasserez votre jugulaire de cette menaçante mâchoire. En effet, le plus beau, c’est que 28 WEEKS LATER ne se contente pas d’être un film d’horreur efficace. C’est aussi, comme tous les grands films de genre, un drame humain à forte résonnance, un film politique qui entend parler de son époque. Edmond de Saint-Pierre |
KULTAISEN KUKAN KIROUS / CURSE OF THE GOLDEN FLOWERS (sortie le 7.9)
Zhang Yimou, 2007 | Dans la Chine du Xe siècle, il y a un palais sans fenêtres aux couleurs éclatantes. Dans le palais, il y a un empereur qui empoisonne lentement sa femme avec laquelle son fils à une liaison alors qu’il est amoureux d’une jeune fille qui s’avèrera être sa soeur…
CURSE OF THE GOLDEN FLOWERS est une salade indigeste à base de tragédie antique, de Shakespeare, d’arts martiaux, de huis-clos, de fresque historique et de longueurs. Esthétiquement très imposant et très surprenant, CURSE OF THE GOLDEN FLOWERS finit cependant par écoeurer. Il y a un peu trop de tout. Trop de figurants, trop de couleurs, trop de mélodrame, trop de servantes aux seins spectaculairement engoncés. Après les excellents HERO et HOUSE OF THE FLYING DAGGERS, il semblerait que Zhang Yimou ait eu un coup de folie des grandeurs. Edmond de Saint-Pierre |




