David Slade, 2007 Avec Josh Hartnett, Melissa George, Ben Foster | Nichée au fin fond de l’Alaska, la riante bourgade de Barrow s’apprête, comme chaque année, à vivre un mois complet dans l’obscurité. Pourtant, cette année, une bande de joyeux vampires assoiffés de liquide rouge entend aider les habitants à sortir de la morosité qu’engendre cette longue nuit imposée par une position géographique infortunée.
Adaptation d’une bande dessinée qui connut un certain succès, 30 DAYS OF NIGHT reprend l’intéressant point de départ de la BD et n’en fait rien. Le film est un bête festival de caméra affolée, montage frénétique et scènes plus ou moins gores où des vampires ressemblant étrangement à des zombies jouent les tueurs en série. Leur pitance étant constituée de personnages épais comme du papier à cigarette, on ne saurait leur en tenir en rigueur. Edmond de Saint-Pierre |
Archive for novembre, 2007
30 PÄIVÄÄ KAAMOSTA / 30 DAYS OF NIGHT (sortie le 30.11)
THE KINGDOM (sortie le 23.11)
Peter Berg, 2007 | Une équipe d’agents du FBI vient en Arabie Saoudite mener une enquête sur un attentat terroriste ayant fait un carnage parmi des civils américains travaillant sur place.
Au début, ça pourrait être CSI: Ryad. Des indices gros comme une maison se découvrent volontiers sous les yeux de nos éperviers américains. Ca frise la caricature. Puis, progressivement, une véritable tension s’installe et THE KINGDOM se transforme en film d’action très prenant avec poursuites endiablées et fusillades chaotiques. Et, comme au final, loin de sacrifier la géopolitique sur l’hôtel du spectaculaire à tout prix, THE KINGDOM prend la peine d’injecter une bonne dose d’humanisme et même un peu de complexité morale, le film, à l’image de l’excellent Ashraf Barhom (interprétant le chef de la police locale) se révèle épastrouillant. Edmond de Saint-Pierre |
MICHAEL CLAYTON (sortie le 23.11)
Tony Gilroy, 2007 Avec George Clooney, Tom Wilkinson, Tilda Swinton, Sydney Pollack, Michael O’Keefe | Michael Clayton, c’est George Clooney face à une puissante multinationale de l’agrochimie. Un beau David face à un tentaculaire Goliath.
MICHAEL CLAYTON est la première réalisation du scénariste des aventures de Jason Bourne. Et scénariste, il entend montrer qu’il l’est! En effet, Tony Gilroy semble prendre un malin plaisir à dissimuler la simplicité de son intrigue dans les méandres d’une chronologie audacieusement bousculée qui donne à son film des allures de mystère un rien artificiel. Ceci dit, cette construction alambiquée oblige le spectateur qui ne veut pas se perdre à une louable concentration. Tous très convaincants, les acteurs servent excellemment cet efficace et élégant thriller dénonciateur qui s’inscrit dans la lignée du cinéma engagé des productions Clooney-Soderbergh. Edmond de Saint-Pierre |
BEOWULF (sortie le 23.11)
Robert Zemeckis, 2007 Avec Ray Winstone, Anthony Hopkins, John Malkovich, Robin Wright Penn, Brendan Gleeson, Crispin Glover, Alison Lohman, Angelina Jolie | En des temps lointains, héroïques et mythiques, le monstre maléfique Grendel va trouver sur son chemin le Viking Beowulf, qui trouvera sur le sien la mère du monstre…
Véritable choc des mondes, BEOWULF est l’adaptation cinématographique avec des moyens ultra-modernes d’un texte écrit en vieil anglais. Robert Zemeckis a décidé d’utiliser les traits d’acteurs connus pour en faire des personnages de films d’animation. C’est un peu comme si Shrek avait le visage de Depardieu peint en vert. C’est amusant cinq minutes, après on ne peut s’empêcher de se demander pourquoi le réalisateur n’a pas utilisé la chair et le sang des acteurs. Car si le mouvement est plutôt réussi, la peau semble souvent manquer d’élasticité et les yeux, pour le moins, de vie. Plus qu’à de l’animation, BEOWULF s’apparente à de la zombification. Bref, la curiosité mise à part, il faut bien avouer que ça ne ressemble pas à grand-chose de plus qu’à un jeu vidéo particulièrement soigné. Il faut cependant préciser que j’ai vu ce film en version 2D. Il existe, au moins aux États-Unis, une version 3D avec lunettes pour le spectateur et c’est sans doute ainsi qu’il convient de voir BEOWULF. Comme à la foire. Edmond de Saint-Pierre |
JANE AUSTENIN JALANJÄLJILLÄ / BECOMING JANE (sortie le 16.11)
Julian Jarrold, 2007 Avec Joe Anderson, Anne Hathaway, Jessica Ashworth, Tony Brown, James McAvoy | Arrivant après l’excellent PRIDE AND PREJUDICE de Joe Wright, ce paresseux biopic sur Janes Austen a bien du mal à convaincre.
Bigrement terne, en comparaison des belles audaces cinématographiques de Joe Wright, BECOMING JANE semble s’obliger de manière un peu bébête à vouloir faire coller la vie de Jane Austen avec celle de la Lizzy de PRIDE AND PREJUDICE. Toutes les grimaces de ce scénario simiesque deviennent dès lors trop prévisibles pour ne pas ennuyer. Edmond de Saint-Pierre |
4 KUUKAUTTA, 3 VIIKKOA, 2 PÄIVÄÄ / 4 LUNI 3 SAPTAMINI, SI 2 ZILE (sortie le 9.11)
Cristian Mungiu, 2007 Avec Anamaria Marinca, Laura Vasiliu, Vlad Ivanov, Alexandru Potocean | L’histoire n’est pas gaie, gaie. En effet, sans, semble-t-il, en rajouter elle décrit par quoi il fallait passer pour avorter dans la Roumanie de Ceausescu. Ce n’est pas beau, beau.
Mais ce qui l’est par contre c’est ce film de Monsieur Mungiu. Consituée de très longs plans séquence fixes ou en caméras à l’épaule, porté par des acteurs qui semblent plus être que jouer, 4 LUNI 3 SAPTAMINI, SI 2 ZILE commence comme un mystère dans un environnement d’une grande banalité. Puis le mystère s’efface, l’environnement prend des allures sordides, le temps se dilate et le film vire au suspense. C’est du misérabilisme virtuose et ça ne ressemble pas à aucun autre film actuel. Edmond de Saint-Pierre |
LIONS FOR LAMBS (sortie le 9.11)
Robert Redford, 2007 Avec Tom Cruise, Meryl Streep, Robert Redfordi | Film politique en forme de réquisitoire contre la guerre états-unienne en Irak, LIONS FOR LAMBS ne fait certes pas toujours dans la finesse mais porté par des performances d’acteur remarquables et une construction en trois lignes narratives parrallèles (deux très bavardes contrastant fortement avec la troisième se déroulant sur le front), a quelque chose d’un condensé du cinéma hollywoodien d’aujourd’hui.
En effet, si la position du Hollywood qui a d’autres buts que d’exclusivement divertir semble sans ambigüité par rapport à la guerre de Monsieur Bush, elle est ici non seulement clairement affirmée mais en plus, elle se double d’un appel à la responsabilité citoyenne qu’on ne peut qu’encourager. De plus, cette sympathique propagande autour de LA queation de politique internationale de ce début de siècle se trouve véhiculer par LA technique narrative de ce même début de siècle, celle qui fait les beaux jours du cinéma et de la télé. Bref, c’est parce que LIONS FOR LAMBS a quelque chose d’un cliché (dans tous les sens du terme) politico-narratif du cinéma d’aujourd’hui qu’il est particulièrement intéressant. Edmond de Saint-Pierre |
SURF’S UP - TYRSKYN RATSASTAJAT / SURF’S UP (sortie le 9.11)
Ash Brannon et Chris Buck, 2007 | Animation peuplée de pingouins surfeurs, SURF’S UP se distingue de ses nombreux prédécesseurs (le film de pingouins est-il en train de devenir un genre?) par sa forme pseudo-documentaire parfois amusante.
Pour le reste, il s’agit d’un message qui fait la part à belle à l’opiniâtreté, au dépassement de soi et qui, contrairement à RATATOUILLE ne mange pas de pain. Edmond de Saint-Pierre |
ELISABET - KULTAINEN AIKAKAUSI / ELIZABETH - THE GOLDEN AGE (sortie le 9.11)
Shekhar Kapur, 2007 Avec Cate Blanchett, Clive Owen, Geoffrey Rush, Jordi Molla, Samantha Morton | Suite du magnifique ELIZABETH, du même Monsieur Kapur, ELIZABETH - THE GOLDEN AGE est aussi raté que son prédécesseur était réussi.
Comparer ELIZABETH à ELIZABETH - THE GOLDEN AGE, c’est comparé l’opéra au soap opéra. Alors qu’entre temps, comme on le verra bientôt, Cate Blanchett est devenue un étonnant Bob Dylan, quel besoin avait l’excellente australienne de revenir dix ans en arrière ? Il faut continuer à avancer, Cate, like a rolling stone, the times they are a-changing ! Edmond de Saint-Pierre |
HALLOWEEN (sortie le 9.11)
Rob Zombie, 2007 Avec Malcolm McDowell, Tyler Mane, Daeg Faerch, Sheri Moon | Remake du classique que John Carpenter tourna en 1978, cette nouvelle version s’intéresse d’abord à l’enfance du psychopathe Michael Myers puis, au lieu de véritablement traiter de sa descente aux enfers, le film n’a rapidement plus qu’une obsession : accumuler les cadavres sanguinolents.
Nettement plus gore que la version originale mais aussi plus sage que les films précédents de Rob Zombie, HALLOWEEN Edmond de Saint-Pierre |



