Tim Burton, 2007 Avec Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Alan Rickman, Timothy Spall, Sacha Baron Cohen | Après 15 années de bagne imméritées, un barbier revient à Londres pour se venger. L’univers macabre de Tim Burton à l’épreuve d’une opérette gore.
Difficile de ne pas penser à EDWARD SCISSORHANDS: la présence de Johnny Depp dont la main se prolonge d’un rasoir, le gothisme, la désaturation extrême des couleurs de SWEENEY TODD qui ressemble à un film en noir, blanc et rouge va même jusqu’à faire écho à la saturation des couleurs d’EDWARD. SWEENEY TODD et son humour noir ne parviennent jamais à basculer dans la tragédie et finalement laissent plutôt froid. Ce qui touchait tant dans EDWARD, chaleur humaine, poésie, empathie, tragédie est totalement absent ou beaucoup trop abstrait dans SWEENEY TODD. Ajoutons au tableau que la musique s’avère plutôt difficile à supporter. Reste donc, pour qui n’a pas peur d’une bonne dose d’hémoglobine jaillissante, un bel objet esthétique, ce qui n’est déjà pas si mal. Edmond de Saint-Pierre |
Archive for février, 2008
SWEENEY TODD - FLEET STREETIN PAHOLAISPARTURI / SWEENEY TODD – THE DEMON BARBER OF FLEET STREET (sortie le 29.2)
PYHÄN KIRJAN VARJO (sortie le 29.2)
Arto Halonen, 2007 | Documentaire finlandais et michaelmoorien qui nous emmène à la découverte d’une autre planète : le Turkménistan.
Ètat extravagant, le Turkménistan est un pays riche en hydrocarbure dont le président-prophète se fait élever de coûteux monuments à sa gloire tandis que la population meurt de faim. Chacun des déplacements du dirigeant élu de Dieu est ponctué par des chorales d’enfants qui chantent sa grandeur et sa bonté tandis qu’en coulisses, il fait assassiner ses opposants politiques. Mais ce qui singularise ce terrifiant pays et le fait basculer du côté d’une improbable et puérile carricature de dessin animé, c’est l’hallucinant et officiel livre saint, écrit par le président lui-même et immortalisé par une statue monumentale et lasvégasienne. La suite du documentaire s’intéressera aux innombrables traduction dudit livre de par le monde et s’occupera de tailler un magnifique costume à Bouygues pour qu’il passe l’été au chaud. Kevin Frazier et Arto Halonen marchent dans les pas de Michael Moore avec certes moins de mauvaise foi et plus d’objectivité mais ca reste fatigant d’assister à des coups de téléphone dont la seule raison d’être semble de montrer au spectateur que les documentariste sont des âmes pures et héroïques et leurs interlocuteurs de sombres personnages vendus à la cause du grand capital… Bref, on est sous le choc mais on regrette quand même un peu Strip-Tease et son élégante manière qui consiste à faire complètement disparaître le documentariste au profit de son sujet. Edmond de Saint-Pierre |
THERE WILL BE BLOOD (SORTIE LE 22.2)
Paul Thomas Anderson, 2008 Avec Daniel Day-Lewis, Paul Dano, Kevin J. O’Connor, Ciarán Hinds, Dillon Freasier | A travers, la trajectoire d’un prospecteur de pétrole au tournant du XIXème et du XXème siécle, THERE WILL BE BLOOD traite de la naissance du capitalisme aux États-Unis.
Plastiquement magnifique et bénéficiant d’une musique à la fois originale et tout à fait sa place, Paul Thomas Anderson signe un film noir et violent où famille et religion succombent à un malin démon interprété par l’époustouflant Daniel Day-Lewis. Et c’est l’excellent Paul Dano, dans le rôle d’un prêcheur manipulateur, qui fait face au génial Anglais boîteux et méphistophélique! Grand film ambitieux, THERE WILL BE BLOOD est à la fois le portrait d’un homme complexe et celle d’une époque nouvelle: la nôtre. Edmond de Saint-Pierre |
ARN - TEMPELRIDDAREN / ARN - TEMPELIRITARI (SORTIE LE 22.2)
Peter Flinth, 2007 Avec Joakim Nätterqvist, Sofia Helin, Stellan Skarsgård, Michael Nyqvist | Élevé dans un monastère et coupable de s’être livré à un amour interdit, Arn est envoyé en Terre Sainte pour chasser le Sarrasin… Superproduction scandinave (à en croire ce qu’on lit, il s’agirait du film le plus cher qu’ait produit la région), Arn confirme ce que vient de montrer un récent exemple français: battre des records de coût peut certes relever de la discipline olympique mais rarement de la réussite cinématographique.
Plus qu’en Terre Sainte, c’est en territoire hollywoodien qu’Arn promène ses petits orteils. Musique, scènes d’amour, dialogues poussifs, c’est à un bien triste plagiat que se livre Peter Flinth. Sans aucune inspiration et en prenant toujours garde de suivre des pas trop grands pour lui, notre sage templier semble bien frileux et peu à son aise. C’est écrasé par KINGDOM OF HEAVEN et BRAVEHEART que le Liliputien ARN est appelé à disparaître de notre mémoire. Edmond de Saint-Pierre |
CHARLIE WILSONIN SOTA / CHARLIE WILSON’S WAR (sortie le 8.2)
Mike Nichols, 2007 Avec Tom Hanks, Julia Roberts, Philip Seymour Hoffman | Comment un congressman américain bonhomme et bon vivant va changer la face du monde en persuadant son pays d’armer les Afghans victimes de l’occupation soviétique. Histoire vraie fascinante qui rappelle qu’un homme peut parfois faire toute la différence.
Écrit par Aaron Sorkin, le film porte la patte du créateur de WEST WING : personnages qui discutent en marchant dans des couloirs labyrinthiques, conversations elliptiques, humour, lucidité politique et tendresse patriotique . Tom Hanks joue remarquablement ce jouisseur un peu bouffi qui peut cependant se laisser sincèrement émouvoir. Toutefois, c’est de l’excellent Philip Seymour Hoffman que se souviendra le spectateur en quittant la salle. Film efficace, intéressant, amusant et remarquablement joué. Que demande le peuple ? Edmond de Saint-Pierre |
TYTTÖ JA KETTU / LE RENARD ET L’ENFANT (sortie le 8.2)
Luc Jacquet, 2007 Avec Bertile Noël-Bruneau, Isabelle Carré | Sur la belle voix-off d’Isabelle Carré, se déroule l’histoire d’amitié entre une fille très jeune et un renard très coopératif. C’est donc, après les pingouins de la banquise à la découverte des animaux de la forêt que cette fois-ci nous emmène Luc Jacquet.
D’une niaiserie horripilante, LE RENARD ET L’ENFANT ferait passer Lassie pour un spectacle borderline. Que ceux qui envisagent le cinéma comme une forme d’expression narrative pour adultes, passent leur chemin ! Ici, l’histoire est réduite à sa plus simple expression et la leçon de morale assénée au marteau-pilon. Ceci dit, situé dans les montagnes du Jura, le film regorge de paysages magnifiques et de top-models animaux (ils sont pour la plupart d’entre eux dressés ou manipulés). Edmond de Saint-Pierre |
DARK FLOORS (sortie le 8.2)
Pete Riski, 2008 Avec Skye Bennett, Philip Bretherton, William Hop, Ronald Picku, Leon Herbert | Les portes de l’ascenseur s’ouvre sur un hôpital désert. Le petit groupe de personnes qu’il transportait ne tarde pas à comprendre que ledit hôpital s’est transformé en cauchemar.
Film d’horreur aux dialogues calamiteux, DARK FLOORS Si encore, il y avait des acteurs finlandais, la présence inédite du finnois dans un film d’horreur aurait pu divertir, mais, comme en plus, ils sont tous américains, il vaut mieux attendre le prochain film de Romero. Edmond de Saint-Pierre |



