Jon Favreau, 2008 | IRON MAN raconte la rédemption d’un marchand d’armes. Les comics avaient trouvé dans les années 80 en la personne d’Alan Moore de quoi revigorer un genre moribond. Le cinéma ferait bien de se mettre à la recherche de son Alan Moore car tous ces films de superhéros restent, au fond, désespérément niais et passablement inintéressants.
Ceci dit, IRON MAN n’est pas un des pires. Il propose quelques scènes amusantes et un long prologue qui donne au personnage principal une sorte d’épaisseur en expliquant comment et pourquoi est née l’idée de la transformation. Mais au final, le film n’amusera guère que les enfants (malgré une violence inversement proportionnelle à la puérilité du film) ou les malheureux spécialistes du genre. Edmond de Saint-Pierre |
Archive for avril, 2008
IRON MAN (sortie le 1.5)
DANTE 01 (sortie le 25.4)
Marc Caro, 2008 | Le satellite Dante 01 est un centre de détention psychiatrique dans lequel on utilise des criminels comme cobayes. Tout va pour le mieux, jusqu’au jour où deux nouvelles personnes font leur apparition.
Il s’agit d’un petit événement puisque ca fait 12 ans que Marc Caro n’avait pas donné de nouvelles cinématographiques et surtout parce qu’il est plutôt rare d’avoir en France un film de genre à l’américaine, un film de science-fiction qui se passe entièrement dans l’espace! Malgré de beaux décors, DANTE 01 se révèle d’une faiblesse sidérale: comédiens médiocres, dialogues qui se promènent sans vergogne sur les cimes du ridicule. A coups d’énormes références à la Divine Comédie et à la Bible, à coups de personnages répondant aux doux noms de Saint Georges, Perséphone, Bouddha ou Lazare, Caro, qui entend ne permettre à personne de penser qu’il n’a rien à dire, assomme le spectateur. Malheureusement, ce lourd dispositif ne fait que souligner le vide de son propos. Caro nous expose un message brumeux et laisse le soin à qui peut d’y trouver une histoire. Il semble donc que l’ex-complice de Jeunet n’ait rien compris au film de genre car, plus élégants et plus efficaces, les Américains, eux, font le contraire: ils racontent d’abord une histoire et laissent le soin à qui veut d’y trouver un message. Edmond de Saint-Pierre |
SHINE A LIGHT (sortie le 18.4)
Martin Scorsese, 2008 Avec Mick Jagger, Jack White , Christina Aguilera, Ronny Wood, Keith Richards, Charlie Watts, Martin Scorsese | Martin Scorsese filme les Rolling Stones en concert au Beacon Theater de New York en 2006.
Les fans ne pourront qu’adorer, les autres admireront l’énergie de Mick Jagger (63 ans au moment du tournage), trouveront le temps long et regretteront que le film n’inclut pas davantage de documents d’archive où on entend les Stones à différents stades de leur carrière répondre avec à-propos à des questions plus ou moins stupides. Edmond de Saint-Pierre |
[REC] (sortie le 18.4)
Jauma Balagueró & Paco Plaza, 2007 Manuela Velasco, Javier Botet, Manuel Bronchud, Martha Carbonell | Pour une sorte de reality show, une journaliste et son caméraman suivent des pompiers et sont les témoins d’évènements … préoccupants.
La particularité de REC est que les seules images qui le composent sont celles que prend le caméraman pour l’émission de télé. Les acteurs sont largement à la hauteur du procédé et cette succession de scènes savamment improvisées, sans montage apparent a une convaincante allure de reality show. Le film se transforme lentement en BLAIR WITCH PROJECT au pays des zombies espagnols et inévitablement atteint un moment où le procédé touche à ses limites, où une petite fille se transforme en zombie à un moment dramatiquement adéquat, où on se demande comment le caméraman dans des conditions aussi tragiques peut encore s’acharner à filmer les événements. Bref, où la mise en scène devient trop voyante, et le procédé trop évidemment artificiel. Ceci dit REC est diablement efficace et particulièrement impressionnant dans sa première partie. Il parle aussi d’une époque assoiffée d’images, de scoops et d’une réalité qui lui échappe. Edmond de Saint-Pierre |
NYT TAI EI KOSKAAN / THE BUCKET LIST (sortie le 11.4)
Rob Reiner, 2007 Avec Jack Nicholson & Morgan Freeman | Deux sexagénaires condamnés par la maladie décident de réaliser tous leurs rêves avant la mort.
Dans une ambiance bon enfant qui ne réussit jamais à être émouvante, THE BUCKET LIST fait défiler entre les gags orchestrés par un Nicholson qui s’en donne à coeur joie, tous les clichés imaginables sur la réussite d’une vie, sur les apparences trompeuses, sur l’importance de la famille. Curieusement, pour un film qui joue la carte de la tragi-comédie, THE BUCKET LIST semble complètement en dehors de la réalité et traite la maladie et la mort avec une superficialité désolante. C’est de la guimauve fadasse. Edmond de Saint-Pierre |
SUPERHERO MOVIE (sortie le 11.4)
Craig Mazin, 2008 Avec Drake Bell, Sara Paxton, Cristopher McDonald, Pamela Anderson, Leslie Nielsen | Dans la lignée du récent MEET THE SPARTANS, SUPERHERO MOVIE propose une parodie peu inspirée de SPIDER-MAN.
Certes, à y regarder au microscope, le film de Craig Marzin, scénariste de SCARY MOVIE 3 et 4, a des allures de chefs-d’oeuvre comparé à MEET THE SPARTANS. Ce qui en dit plus sur l’ineptie abyssale de ce dernier que sur la qualité du premier. Rappelons toutefois que si on lève l’oeil, qu’on oublie le microscope et qu’on se situe dans le cadre plus large du cinéma parodique, SUPERHERO MOVIE apparaît comme une tache minuscule; dans le contexte encore plus vaste du cinéma en général, ce film n’existe pas. Edmond de Saint-Pierre |
SIKIN SOKIN SADUISSA / HAPPILY N’EVER AFTER (sortie le 4 avril)
Paul J. Bolger, 2007 | Rien ne va plus au pays des contes de fées: la redoutable belle-mère de Cendrillon a pris le pouvoir.
Film d’animation qui marche sur les pas de l’ogre vert, HAPPILY N’EVER AFTER ne démérite pas vraiment. Cependant le graphisme 3D formaté et l’absence de la moindre qualité d’animation saillante se révèlent malheureusement incapables de faire oublier au spectateur qu’on lui sert un scénario prévisible dans un univers qui sent un peu le réchauffé. Edmond de Saint-Pierre |
P.S. RAKASTAN SINUA / P.S. I LOVE YOU (sortie le 4 avril)
Richard LaGravenese, 2007 Avec Hilary Swank, Gerard Butler, Lisa Kudrow, Harry Connick Jr., Kathy Batesorgan | Une jeune veuve encore éperdument amoureuse de son défunt mari reçoit régulièrement des lettres que celui-ci avait écrites avant sa mort.
Affreuse comédie romantico-sentimentale, P.S. I LOVE YOU se nourrit de clichés, de sentiments sirupeux et de larmes bon marché. Menu indigeste et un rien répugnant. Seule bonne surprise du film, Harry connick jr prouve que malgré tout ce qu’on pouvait supposer, il arrive à jouer autre chose que la caricature de lui-même. PS: Isabel Coixet avait exploité la même situation, du point de vue du mourant (en fait plutôt de la mourante) et non du survivant, avec beaucoup plus de sensibilité dans l’émouvant MY LIFE WITHOUT ME. Edmond de Saint-Pierre |


